Photo-graphies et un peu plus…

L'égalité homme femme en rando

… on en parle ? Quand ils n’ont qu’à prêter attention au sens du vent, nous autres, partons en quête d’un endroit qui soit non seulement à l’abri des regards – ce qui peut nous conduire bien loin de notre point de départ (ne jamais oublier de semer des petits morceaux de pain sur le chemin !) – mais aussi dont le sol ne soit pas jonché d’herbes trop hautes et urticantes ni habitées par toutes sortes d’insectes évidemment sautillants et extrêmement dangereux… Vous rigolez mais un jour au Sri Lanka, une camarade de voyage a découvert une sangsue dans ses dessous ! Autant vous dire qu’elle était sang dessus dessous et que la gent féminine a préféré croiser les jambes, ce qui a nettement compliqué la fin de la rando il faut l’admettre. A posteriori, je trouve quand même étonnant (d’avoir pris cette photo, oui, certes, mais pas que…) que ces trois-là reproduisent la proximité des urinoirs collectifs pour se soulager alors qu’ils ont tout l’univers devant eux. On se croirait presque à la plage !

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Le lundi, c’est un peu comme le 1er janvier, on peut décider de prendre de bonnes résolutions pour les semaines à venir, idéalement les mois voire les années. Ainsi, si comme moi, face aux piles de papier noircies entassées en pagaille sur votre bureau, aux idées de projets griffonnées sur des carnets ou notées dans des mémos électroniques, et à celles qui vous traversent l’esprit au moment même où vous écrivez, auxquelles s’ajoutent des todolist en tous genres, vous ne savez pas vraiment par quel bout commencer, de telle sorte que souvent, pour éluder la problématique sous-jacente – votre incapacité à faire des choix – vous vous lancez dans quelque chose d’autre, d’imprévu, ou plutôt de non prévu, alors, ce duo est fait pour vous. (On m’a récemment dit que mes phrases étaient complexes, un peu alambiquées et parfois longues, j’ai failli m’en offusquer avant de réaliser que c’était sûrement un peu vrai, même vrai, ce qu’illustre parfaitement la phrase précédente ! )

Un matin brumeux, alors que, quasi désespérée, je m’apprêtais à nouveau à faire quelque chose d’imprévu pour éviter d’avancer sur quelque chose de prévu, une voix m’a lancé :

- Un grand maître m’a un jour donné la recette de l’organisation optimale. Aujourd’hui, je te la transmets (car vraiment tu fais n’importe quoi !). Es-tu prête ?

- Oui, bien sûr !, vous pensez, la recette de l’organisation, comment passer à côté ?

- Très bien, alors, c’est extrêmement simple ! Tout ce que tu as à faire, tu dois le répartir selon quatre catégories : le urgent et important, le urgent et pas important, le pas urgent et important, le pas urgent et pas important. Si tu préfères le mot « vital » à celui d' »important », remplaces. L’important est que ce mot te parle et incarne le moteur de ton action. Comme tu le sais, tout est une question d’équilibre dans la vie : si tu passes tes journées à faire des choses pas urgentes et pas importantes, tu vas vite te lasser et avoir l’impression de ne pas avancer (en plus de te leurrer) ;  si tu passes tes journées à ne faire que de l’urgent mais pas important, comme peut l’être la gestion du quotidien par exemple, kif kif. Donc, écoute bien ce que je vais te dire : tu dois évidemment commencer par ce qui est urgent et important, et enchaîner avec ce qui est urgent et pas important, mais, pour ne pas avoir l’impression de te laisser emporter par une vie dont tu ne maîtrises ni le rythme ni le contenu, il faut que tu t’autorises à glisser entre ces deux catégories du « pas urgent et important » – des projets personnels à moyen ou long terme par exemple – : c’est absolument essentiel même si, sur le moment, tu penses que ça n’est pas le moment !

J’ai évidemment tout pris en note, pensant voir poindre mon salut prochain, quand tout à coup, une ombre est venue m’assommer :

- Ok, urgent et important, urgent et pas important, pas urgent et important, pas urgent et pas important, j’ai bien saisi, c’est très clair. Mais comment fait-on pour déterminer dans quelle catégorie entre tel ou tel projet quand on a l’impression qu’ils sont tous urgents et importants ?

Sur cette question à double tranchant, la voix, non sans avoir toussoté quelques secondes, m’a alors répondu : « Et bien cela, toi seule peut le savoir ! »

Autant vous dire que je me suis lancée dans un autre projet. Imprévu bien entendu…

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Les caméléons

Toujours choisir la couleur de son uniforme en fonction du fond devant lequel on va patrouiller, ou inversement, ce qui entraîne potentiellement des travaux de peinture réguliers (et pas forcément heureux)…

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Le cauchemar éveillé

L’autre nuit, je me suis réveillée en sueur et sursaut ! Un cauchemar ! C’est rare pourtant ! Vous allez rire mais j’étais piégée dans un centre commercial. Le paradis pour certains. Je déteste les centres commerciaux. En fait, j’étais même coincée dans un centre commercial de Hong Kong. Donc grand. Et de luxe. C’était en fin de journée, il faisait nuit, mais on ne pouvait pas vraiment le savoir car il n’y avait évidemment aucune fenêtre ou baie vers l’extérieur, tout baignant dans une lumière artificielle blanche et froide en permanence destinée à plonger le consommateur dans une bulle hors du temps. J’avais naïvement pensé que traverser le Mall plutôt que le contourner me ferait gagner du temps. Toutes les boutiques étaient fermées (ce qui n’est pas la raison pour laquelle je qualifie cette expérience de cauchemar), il n’y avait quasiment plus personne, hormis ceux qui filaient prendre le métro dans les sous-sols, et cela faisait bien une demi-heure que je tournais en rond dans les allées, passant jusqu’à trois fois devant les mêmes mannequins narquois, dédaigneux et propres sur eux, à chercher une sortie piétonne pour m’extraire de ce monde factice. Je n’arrêtais pas de me répéter : « mais bon sang, ce n’est pas possible qu’il n’aient pas prévu de simple sortie vers l’extérieur dans ce fichu centre ! » C’est une phrase longue à ressasser, c’est vrai, et à un moment, elle s’est résumée à la répétition d’un gros mot commençant par p et se terminant par n. Flûte flûte flûte ! Voilà, c’est ça… Je commençais à avoir des sueurs froides, je m’imaginais forcer une sortie de secours et déclencher une foule d’alarmes tonitruantes, je cherchais par où j’étais entrée mais ne trouvais plus mon chemin, je pestais contre le capitalisme, le consumérisme à outrance, l’aveuglement collectif, j’accélérais le pas, je tentais de repérer une signalétique compatissante, j’avais de plus en plus chaud, je me suis réveillée en nage ! J’y suis retournée tout de suite ! Il était hors de question que je finisse mon cauchemar enfermée dans un centre commercial ! Je me suis mise en quête du parking, pensant, à juste titre,  qu’ils avaient forcément prévu une sortie pour les voitures ! Qu’ils ne pensent pas aux piétons, c’est une chose, mais aux voitures, impossible ! Et en effet, après un bain forcé et prolongé dans le monoxyde de carbone et quelques pas hasardeux entre des Tesla, et donc 45′ d’errances inutiles, j’ai enfin réussi à me faufiler hors de ce temple maudit (mais sans les gâteaux secs)… Le plus drôle a posteriori dans cette histoire ? Le cauchemar était éveillé puisque tout cela est vrai ! Méfiez-vous des centres commerciaux si vous allez à Hong Kong, eux seuls ont réussi à me faire sortir de mes « gongs » !

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De deux choses l'une...

Soit il s’agit là de deux pieds de palmiers continuant leur vie hors du cadre soit ce sont de grands balais de sorcière droits dans leurs baskets prêts au décollage. A ne pas confondre, lesdits balais, avec ces touffes végétales emmêlées et boursouflées ressemblant à peu de choses près à des nids d’oiseaux dont peuvent être atteints certains arbres. Fort heureusement, avoir des balais de sorcière accrochés aux branches est tout à fait inoffensif ! Mais je vois que vous êtes dubitatifs, que vous pensez que les balais de sorcière n’existent pas, tout comme l’histoire de William le fossilisé hier ! Et pourtant, c’est vrai ! Le balai de sorcière fait simplement partie de ces nombreux phénomènes que l’on voit sans connaître leur véritable nom. Il est 1h29 et je viens probablement d’apprendre quelque chose de quasi inutile dont je me souviendrai pourtant toute ma vie.

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Coup de froid sur l'aventure

L’autre matin, en surfant sur la toile, j’ai eu une petite joie inattendue qui, passée la satisfaction instantanée et, je l’avoue, spontanée, m’a plongée dans un profond désarroi. Après avoir dormi dans une grotte au coeur d’une colonie de manchots (et m’être fait frapper par l’un d’eux), pêché la truite saumonée sur une île perdue au milieu de l’océan indien (pas vraiment perdue, c’est une façon de parler), atteint le sommet du Mauna Kea (et vu le soleil se coucher au dessus des nuages et s’étoiler le ciel le plus pur sur Terre), foulé le sol du Macchu Picchu (et repensé aux cérémonies sacrificielles qui s’y déroulaient jadis), chassé les lucioles dans les forêts taïwanaises (et fondu une énième fois face à la magie de la nature), vu une relique de la dent de Bouddha à Kandy (et pensé que j’avais fait la queue pour pas grand chose), arpenté le Salar de Uyuni (et slalomé entre les cactus géants de l’île du poisson), été la cible de lémuriens facétieux dans la forêt primaire malgache (et mangé des cigales grillées), admiré des aurores au presque sommet du monde norvégien (et rêvé d’en revoir encore et encore), traversé un lac glacé à pieds dans le grand nord canadien (et vu un type faire du vélo dessus), escaladé parmi les plus hautes dunes du monde à Sossusvlei (et eu du sable rouge dans mes chaussures pendant des semaines), traversé la Vallée de la Mort sans climatisation (et bu 6 litres d’eau sans avoir eu besoin de trouver un endroit propice), campé dans le Sahara avec des chameaux (et chanté autour d’un beau feu de bois et d’un thé à la menthe), traversé le coeur de Chicago en kayak (et pris une bonne grosse averse), bref, après tout ça et bien d’autres choses époustouflantes encore (merci la vie, dirait Marion), étais-je réellement devenue cette fille heureuse d’apprendre l’inauguration d’un magasin Picard à 50 mètres de chez elle alors même qu’elle ne s’y rend qu’une fois tous les deux mois et encore ? Vraiment ? Tout ça pour ça ?! Autant vous dire que je ne suis pas prête d’y aller !

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La frontière magique

L’autre jour, sous la douche, en regardant l’eau perler sur ma peau comme si je prenais la mesure de ce phénomène naturel pour la première fois de ma vie, j’ai pensé à cette étrange expression, « se sentir comme une éponge », littéralement, et à ce jeune homme au fond de l’océan. Et, une fois de plus, j’ai admiré l’incroyable et insondable magie de ce corps humain, quand bien même elle n’y est pour rien, permettant à l’eau – dont il est pourtant constitué à 60% – de s’échapper de nous entre autres par les pores de la peau alors que l’inverse n’est pas possible. Nous prenons en effet pour acquis le fait que la pluie, l’eau de mer, celle de la douche, voire un café  malencontreusement renversé sur la cuisse ne puisse que glisser le long de notre corps sans pouvoir y pénétrer, mais nous ne réalisons pas qu’en réalité, il y avait une chance sur deux que ce soit le cas : soit notre peau était imperméable soit elle ne l’était pas. Quelle chance ! Car vous conviendrez aisément que nous aurions eu une vie infiniment différente et bien plus lourde si cette première frontière intime était poreuse dans les deux sens…

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L'infaillible stratégie

Vous est-il déjà arrivé d’oublier que vous aviez tel livre ou tel DVD (oui, je suis has been… même cette expression est has been d’ailleurs) ou telle perceuse ou tel appareil à raclette (combien d’entre vous ont salivé en s’imaginant en manger une prochainement ?) ou telle valise (je suis plutôt sac à dos) à rapporter à Bidule que vous voyez justement ce soir alors que vous y avez pensé pendant toute la journée (un peu comme les anniversaires que vous zappez le jour J quand bien même ils ont occupé votre esprit la veille) ? Cela m’arrivait tout le temps jusqu’à ce que je n’instaure une règle anti-oubli quasi infaillible : mettre ledit objet en plein milieu du couloir, de la pièce, du sas, de l’entrée, enfin, de ce point particulier où, dans des conditions normales de vie, tous les pas convergent inévitablement avant de pouvoir s’extraire de chez soi. Evidemment, quand j’ai échafaudé ce plan machiavélique contre l’oubli, j’ai totalement oublié que je pouvais également oublier que j’avais mis tel objet à cet endroit précis (très gênant en général) pour ne pas oublier que je ne devais pas oublier de l’emporter. Agacée par ce qui pourrait s’apparenter à un capharnaüm embryonnaire, il m’est en effet plusieurs fois arrivé de le récupérer pour le ranger. Et donc de l’oublier…

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La sélection naturelle

Il est certains moments dans la vie où j’ai la sensation d’avoir alternativement le bras trop court ou trop long. A moins que ce ne soit mes jambes, trop longues ou trop courtes également. Je ne sais pas vraiment… Quoi qu’il en soit, quelque chose n’a pas la bonne taille, et, à ces moments-là de la vie donc, c’est problématique. J’ai un exemple très précis en tête vous vous en doutez…

Nous sommes vendredi (je sais que nous sommes lundi mais il reste très douloureux pour beaucoup, je préfère de fait nous projeter directement au plus aimé des jours de la semaine, histoire de vous aider à entrer le coeur léger dans ce duo), vous avez prévu quelques courses et en particulier de passer enfin acheter vos cadres pour votre prochaine exposition (ça sent le vécu, vous avez raison, mais ce qui suit est vérifiable dans une multitude de situations). Evidemment, vous n’avez pas pris de sac assez grand pour les transporter. Qu’à cela ne tienne, vous en achèterez un – un réutilisable parce que vous pensez à la planète vous – directement à la boutique. Qui plus est, il aura forcément la bonne taille. C’est évidemment là que le bat blesse.

Vous êtes à la caisse, vous rangez méticuleusement vos cadres dans ledit sac et puis vous vous éloignez naturellement. L’illusion ne dure généralement que quelques minutes : le sac ça va, mais son anse est beaucoup trop longue. En réalité, elle est juste un micro-poil trop longue par rapport à la longueur de vos bras ou de vos jambes, par rapport à votre taille donc, de telle sorte que votre sac bien chargé racle le sol, se prend les racines qui dépassent, heurte les résidus métalliques agrippés au bitume que les services de la voirie n’ont pas encore arrachés… Bref, c’est un vrai carnage que vous pensez limiter en le hissant un peu. Bien sûr, sauf à avoir un abonnement réellement rentabilisé à la salle de sport du coin pour entraîner vos petits biceps, cette solution a une durée assez limitée. Et votre sac de se remettre à traîner à terre au bout d’un temps plus ou moins long proportionnel à votre musculature… « Tout en hauteur, rien dans la tête » avait un jour lancé une vieille dame acariâtre à un jeune ami grand ayant probablement commis un forfait un peu stupide. Maxime qu’il suffit d’inverser pour trouver une solution à cet épineux – et fondamental vous en conviendrez – problème de sac : car si je ne peux, sur commande, allonger mes jambes ou raccourcir mes bras pour que le sac décolle, je peux marcher sur le rebord du trottoir, généralement surélevé, et laisser enfin faire la gravitation grâce aux quelques centimètres gagnés, ceux-là même qui me séparent d’un chemin sans souffrance, a fortiori d’un bonheur simple mais apprécié à sa juste hauteur !

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Nombreuses sont les raisons qui peuvent pousser quelqu’un à prendre quelque chose en photo. Certains d’entre vous s’interrogent sûrement déjà face à celle-ci. Des barrières, ok, des arbres, bien, une maison, pourquoi pas. Au final, visuellement, rien de réellement transcendant. J’en ai bien conscience et là n’est pas le plus important. Tout simplement parce que cela ne se joue pas à ce niveau. D’ailleurs, cinq ans après l’avoir prise, cette photo continue à me faire sourire. La faute à un bête jeu de mots comme j’en raffole. Et quand il se fait par l’intermédiaire d’une image, c’est le jackpot… Car voyez-vous, j’ai pris cette photo à Chicago, et cette maison rouge partiellement dissimulée par les arbres avec laquelle il convient de maintenir une certaine distance n’est autre que la … baraque d’Obama ! Oui, je sais, il m’en faut peu pour être heureuse vraiment très peu, je sais me satisfaire du nécessaire, mais citez moi un autre nom de président – même ex – avec lequel ça fonctionne aussi bien ! Bah voilà…

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