Photo-graphies et un peu plus…

En tapis volant

Qu’ont en commun le pain levé, l’Amérique, les pulsars, la Vénus de Milo, la vulcanisation, l’indigo, les rayons X, l’hélice de bateau, le four micro-ondes, le Kevlar, la draisienne, les Post-it et même le Nutella (oui, le Nutella !) ? Tic tac tic tac tic tac…

Vous séchez ? Et bien, leur découverte s’est faite par hasard ou par accident : par les Egyptiens, qui, 3000 ans avant JC, oublient la pâte dans un coin ; par Christophe Colomb, qui pense débarquer en Inde ; par Bell et Hewish, bien décidés à en découdre avec la scintillation des ondes radio lors de leur traversée, épique faut-il le préciser, du système solaire ; par un paysan de l’île de Milo qui cherche des pierres ; par Goodyear, qui pose malencontreusement un bout de latex et un peu de soufre sur un poêle à charbon ; par Sapper qui, oups, laisse échapper son thermomètre à mercure dans l’une de ses préparations chimiques ; par Röntgen, à l’occasion de banales expériences sur le rayonnement cathodique avec des tubes de Crookes ; par Pettit Smith testant une vis d’Archimède, inopérante, qui se brise en deux lors d’un énième essai et eurêka ! ; par Spencer, dont la barre chocolatée bien cachée dans sa poche de chemise fond alors qu’il s’arrête devant l’un des radars qu’il étudie ; par Kwolek – la seule femme de la liste -, qui, bizarrement, conserve un mélange expérimental de matériaux tout juste bon pour la poubelle ; par Drais, pour, selon la légende, faire face aux conséquences de l’explosion d’un volcan en Indonésie – de l’effet papillon puissance 1000 en somme – ; par Silver qui cherche à créer une colle super puissante et fait fausse route dans ses dosages ; et enfin, par Ferrero, qui, pour pallier la pénurie de fève de cacao, utilise aussi des noisettes pour sa ganache, ganache qui, par une très très chaude journée d’été se met à fondre et on connaît la suite…

Voilà donc qu’en posant bêtement mon téléphone intelligent à même le hublot de l’avion, en le voyant pris d’inquiétants spasmes dignes des plus grands « smurfers » des années 80 – fruit d’une mauvaise traduction par ailleurs -, et en remarquant que ceux-ci étaient partiellement enregistrés et capturés, j’ai eu la sensation, fugace, réelle et réjouissante, d’être à l’origine d’une découverte fondamentale qui allait changer le cours de ma découverte du monde, tout du moins, de ma traversée d’un quart du monde ! Un pur moment de sérendipité personnelle faisant entrer notre belle planète dans une toute nouvelle dimension.

Share on Facebook

La frontière de verre

Share on Facebook

Vol au dessus d'un nid de ouate

Share on Facebook

Aux abois

En creusant ne serait-ce qu’un tout petit peu, nous devrions rapidement voir affleurer le reste du corps de ce cerf aux dimensions manifestement exceptionnelles statufié par le temps…

Share on Facebook

42 Lorsque, au lycée, notre professeur de physique a commencé à aborder le troublant chapitre sur la relativité du mouvement, il s’est appuyé sur des situations qui nous étaient familières pour nous aider à mieux appréhender les problèmes que nous allions devoir résoudre. Face aux citadins, même parisiens, que nous étions alors, ces exemples concrets relevaient systématiquement d’histoires de métros ou de voitures qui se croisent, de personnes arpentant des tapis roulants ou des escalators dans un sens ou dans l’autre, tandis que d’autres prenaient l’ascenseur… Tout cela était parfaitement logique et personne n’avait jamais trouvé quoi que ce soit à redire à ce parti-pris.

Aussi, face à cet effort de contextualisation charitable, aujourd’hui, je m’interroge : les profs de physique du monde entier essayent-ils tous d’identifier des situations que leurs élèves vont pouvoir s’approprier ? Comme ici, dans cette campagne malgache il y a longtemps traversée. Cela donnerait à peu près ceci : « Vous êtes dans un taxi brousse roulant tant bien que mal à une vitesse moyenne de 41 km/h sur une piste cabossée et à la terre rendue boueuse par les récentes pluies. Trois jeunes filles marchent, dans la direction opposée, à une allure raisonnable de 6 km/h. L’une d’entre elles balance ses bras le long de son corps à un rythme régulier de 47 oscillations par minute. Sachant que ses bras ont une longueur de 62 cm, quelle est la vitesse relative entre le feu arrière du taxi brousse et le sommet de son majeur ? »

Share on Facebook

L'énigme vitale

Parfois, pensées picorées ici et là, au gré de lectures, de conversations, de projections, de visites plus ou moins éloignées dans le temps se connectent miraculeusement les unes aux autres pour nourrir des territoires de réflexion encore confidentiels… Ainsi, si l’on reprend le fil de la chronologie, il y a plusieurs mois, j’ai lu que nous nous souvenions de 80% de ce que nous faisions et voyions, et seulement de 20% de ce que nous lisions. Vous savez comme moi que toute information extérieure reçue est passée au crible de nos perceptions, de nos a priori, de nos certitudes. En cela, l’objectivité n’existe pas ou si peu, et nous serons toujours tentés d’interpréter ladite information en fonction de la résonance qu’elle a en nous et, en particulier, de sa façon de nous conforter dans nos propres pensées. Ce « biais de confirmation » est un biais cognitif bien connu… De fait, personnellement, cette répartition statistique du souvenir – ou plutôt de ce qui reste le plus longtemps présent en mémoire – renforce cette idée qu’il faut vivre et voir un maximum de choses, a fortiori, qu’il ne faut pas s’arrêter de voyager, de découvrir le monde et les autres, d’une part pour être à la hauteur de cette chance d’être en vie sur une planète qui ne se résume pas à un simple point, d’autre part, pour essayer de les comprendre. Cette subjectivité est totalement assumée, et laisse même entendre que l’important, dans la vie, est de ne pas oublier. Il faut encore que j’y réfléchisse.

Continuons. Il y a quelques semaines, j’ai noté dans mon carnet du moment cette phrase extraite du dernier livre de Jérôme Ferrari, Le principe : « On essaye de comprendre les choses à partir de sa propre expérience parce que c’est tout ce dont on dispose et c’est, bien sûr, très insuffisant ». Il parle là de physique, le principe du titre étant le principe d’incertitude, ou d’indétermination, énoncé par Werner Heisenberg en 1927, qui stipule qu’il est impossible de connaître simultanément la position et la vitesse exactes d’une particule (quantique). Une vraie révolution scientifique par ailleurs. Mais, là encore, ce que je retiens de cette phrase sortie de son contexte tout à la fois fictionnel et épistémologique, est que pour être en mesure de comprendre les choses, il faut les vivre. Ce qui nous ramène aux statistiques ci-dessus et à ma première conclusion. CQFD. Je pourrais m’arrêter là et acheter mon prochain billet d’avion, de train, ou ma bicyclette, ou de bonnes chaussures de marche pour aller vivre, donc comprendre, puis me souvenir.

Mais peu de temps après, je découvre la belle série d’entretiens de personnalités ou d’anonymes publiée dans Le Monde cet été sur la question, obsessionnelle à bien des égards, du temps. L’exergue-titre de celui du philosophe Patrick Viveret, un nom prédestiné, fait l’office d’une petite bombe à fragmentation (image purement spéculative si l’on relit bien la phrase de Ferrari : d’ailleurs, dans la réalité, bien loin des images littéraires, je ne voudrais pas connaître cette sensation !) : « Il faut accepter de ne pas tout vivre ». Il y a bien sûr un avant et un après à cette phrase, une nouvelle fois tirée de son contexte, comme si elle venait logiquement s’insérer à la suite de celle du Principe, qui elle-même répondait aux statistiques. Alors que tout s’accélère, que nous avons chaque jour l’illusion de pouvoir en faire de plus en plus grâce à des artifices technologiques, que parfois, alors même que nous nous plaignons du temps qui passe, nous nous pensons toujours un peu immortel et donc avec la vie, infinie, devant nous, cette phrase de Viveret est un brutal retour à la réalité. Car elle nous dit tout simplement, même si cela se complique ensuite : il faut faire des choix. Or, faire des choix, c’est accepter de mourir. Et donc, de vivre…

Share on Facebook

Tête en l'air

On peut affirmer, sans faire ombrage à mes illusions, que je suis une femme de ciel en général, et de nuages en particulier. Comme avec les parfums de glace, en matière de nuages, certes vaporeuse et insaisissable, j’ai mes préférences voire certains chouchous. Et, s’ils ne sont pas au sommet de ma playlist ouatée, ces petits cumulus – enfin, vus d’en bas – n’en sont pas très éloignés. A bien y réfléchir, ce n’est pas tant le cumulus pris individuellement – une tâche blanche aux contours indéterminés en navigation libre dans le ciel – que l’ensemble formé par une multitude de cumulus qui me procure une grande joie et une paix intérieures, comme si l’ordre des choses était rétabli et qu’avec une telle voûte au-dessus de ma tête, rien de grave ne pouvait vraiment arriver (ce qui est très naïf au demeurant, les pires horreurs étant aussi perpétrées par beau temps)…

Je crois avoir compris la raison de cette sereine sensation il y a peu. Ces nuages-là, avec leur forme si singulière et plurielle à la fois qu’elle semble avoir été designée par les meilleurs artistes locaux, et à la répartition si équilibrée qu’on jurerait qu’elle a fait l’objet d’un plan « caelumistique » – l’urbanisme du ciel – de haute voltige, sont ceux de notre enfance, quelle qu’en soit l’époque. Et plus précisément, ceux de nos dessins d’enfant – si, si, regardez sur votre frigo, dans vos placards, sur vos murs, dans vos tiroirs voire au fond de vos poubelles (ne culpabilisez pas, personne ne vous en voudra : vous ne pouvez pas tout garder !) – alors que nous posons encore un regard enchanté, pur et simple sur le monde qui nous entoure, et que les nuages ne sont jamais menaçants, mais juste une jolie décoration dans un ciel bleu. Il y a un je-ne-sais-quoi d’artificiellement parfait dans ces panoramas, qui, passée l’enfance, sans en être nostalgique pour autant, s’apparente à un refuge intimiste.

Share on Facebook

Orange à mer

Trouver un petit coin en hauteur suffisamment isolé du tumulte ambiant pour se croire loin de tout, se poser face à l’océan, faire le vide en soi, n’écouter que le bruissement des vagues s’échouant délicatement sur la plage. Et le regarder descendre du ciel sans ciller. Et le voir colorer le monde de reflets mordorés. Et s’extasier, chaque jour, comme si c’était la première fois…

Share on Facebook

category: Actus
tags: , , , , , ,

La carte du ciel

Les villes ont leur carte, les régions ont leur carte, les pays ont leur carte, les continents ont leur carte, la planète a sa carte. Même les étoiles ont leur carte. Alors, pourquoi les nuages n’auraient-ils pas la leur ? On se repèrerait quand même plus facilement dans le ciel…

Share on Facebook

FDM

Vous est-il déjà arrivé de penser à la fin du monde ? Statistiquement, la fin du monde – de ce monde incarné par notre planète bleue et de tout ce qui y vit – est assimilée à une catastrophe. A certains égards, c’en est effectivement une. Quant aux catastrophes, elles sont elles-mêmes associées à une iconographie purement imaginaire et conceptuelle très précise. J’insiste sur le « imaginaire ». Le contraire signifierait que la fin du monde a déjà eu lieu, que certains d’entre nous ont survécu, enfin, au moins moi qui écris ces lignes, qu’une connexion internet a miraculeusement résisté, mais que, comme Robert Neville dans I am a legend ou les héros père et fils de The Road, du roman de Cormac McCarthy, personne ne sait où sont les autres, combien ils sont et surtout, s’ils ne sont pas devenus complètement fous, barbares, zombies, cannibales, psychotiques, en résumé, totalement infréquentables.

Dans ces fins du monde là, les océans débordent, la Terre craque comme un puzzle jeté en l’air, les cieux sont plombés par de funestes nuages, des rafales de vent balayent tout sur leur passage, des murs de feu s’étendent sur des hectares, des déluges inondent les terres contaminées et s’abattent sur nous, petites choses vivantes totalement insignifiantes et désarmées face au déchaînement des 4 fantastiques – eau, terre, air, feu -, des super héros au sens propre puisque, assaisonnés d’un peu de poussières d’étoiles, ils sont à l’origine de toute vie sur Terre. Ce qui n’est pas une bagatelle, vous en conviendrez aisément ! Cette colère, nous l’avons peut-être déclenchée en nous mettant en sous-vêtement devant un volcan sacré, en épuisant les ressources naturelles de notre hôtesse, ou en étant incapable d’imaginer que tout cela – les oiseaux, les montagnes, la ligne 13 (parisian joke) – puisse vraiment avoir une fin parce que, nous avons beau passer notre temps à nous projeter dans le futur en permanence, nous vivons toujours comme si aujourd’hui était éternel…

Bref, voici donc les ingrédients classiques d’une fin du monde réussie. Je trouve cela un peu triste, banal et finalement assez prévisible. Me voilà donc à rêver d’une fin du monde ensoleillée, à déguster une boule de glace au sésame noir, en observant des coccinelles à 7 pois se poser sur des renoncules blanches. Personne ne s’y attendrait, personne n’aurait le temps d’avoir peur, la fin du monde passerait comme une lettre à la poste – ce qui n’est plus forcément une référence infaillible aujourd’hui, mais c’est un autre débat. Donc, soleil, sésame, coccinelles et renoncules. Et clap, fin du monde, ce serait fini ! Ni vu, ni connu !

Share on Facebook