Photo-graphies et un peu plus…

Esprit critique

- J’ai repéré un coin en contrebas. Je vais y faire quelques photos, j’en ai pour 10-15 minutes. 20 maximum… Tu viens ?

- Non, non, vas-y, je préfère rester lire dans la voiture.

Du temps passe… Beaucoup de temps… Trop de temps…

Moralité : ne jamais croire un photographe annonçant qu’il n’en a pas pour longtemps ! Car par définition, le photographe, on sait quand il part, mais impossible de savoir quand il reviendra !

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« Combien de fois vais-je devoir te répéter de regarder devant toi quand tu marches ! » Enfant, on a tous « vu » cette petite phrase sortir un certain nombre de fois de la bouche de nos parents et nous arriver aux oreilles comme un écho lointain alors que l’on se laissait à regarder ailleurs. Ailleurs, c’est-à-dire pas devant soi donc. Evidemment, cela partait d’une bonne intention :  éviter un choc frontal avec un poteau, provoquant pleurs, bosse et remontrances – « je t’avais prévenu mais tu ne m’écoutes pas ! » – voire un être humain, ce qui est le comble de la mauvaise éducation – « ces jeunes parents ne savent pas tenir leur enfant ! De mon temps… ».

Bref. Parfois, je trouve qu’il n’y a rien de plus triste que de regarder devant soi. Les balayages systématiques du regard, certes potentiellement risqués pour notre intégrité corporelle, sont bien plus riches et mènent parfois à de drôles de rencontres. Ce n’est en effet pas en regardant devant moi que je serais tombée (ah, ah) sur ce squelette faisant la vigie sur un toit à deux doigts d’une ligne électrique… Humour décapant invitant à imaginer la suite : tourner autour du duo câble / corps pour forcer le point de contact virtuel et fatal, entrer en communication très étroite avec notre cerveau pour qu’il envoie quelques impulsions électriques bien calibrées à notre index, recevant ainsi l’ordre d’armer puis de déclencher ! Grillé !

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Un squelette pour moi, c’est évident. Et rien à voir avec les événements récents ! J’ai toujours vu un squelette sur cette photo.  En extension, donc étrangement dynamique pour sa condition, mais un squelette quand même. Ce que je n’arrive toujours pas à comprendre, c’est comment les artificiers ont fait pour réussir à représenter un squelette avec des fusées ! Un drôle de hasard, un drôle d’angle, une drôle d’icône… Et le déclic à un instant clé.

Fait partie de ces images sur lesquelles on ne décide rien, sur lesquelles on n’a pas la main. On déclenche,  à un moment que l’on estime intéressant, sans savoir ce qui restera dans la boîte. D’autant qu’il s’agit d’une photo prise avec un bon vieil argentique, qu’avant de découvrir les photos, il faut aller au bout de la pellicule, l’amener chez le photographe, attendre le temps du développement, retourner chercher la pellicule, ouvrir l’enveloppe…  Tout un process qui avait un certain sens… On allait chercher nos photos. Envolé tout cela, enfin, en grande majorité. Aujourd’hui, le premier réflexe, avec nos engins numériques, est de visionner les images sitôt faites. Certes, cela peut être une façon d’ajuster un cadrage, de vérifier une lumière…  Mais, c’est souvent une manifestation d’impatience. Avoir et voir tout, tout de suite. Ceci dit, à trop attendre, voilà ce que l’on devient ! Une chose un peu éphémère qui arrive on ne sait trop comment et qui s’évanouit, comme par magie, dans un nuage de fumée, on ne sait trop comment non plus.

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Chacun sa manière de marquer son territoire, de se présenter et, en particulier, d’afficher ses trophées ou ses victoires ! Certains exposent leurs coupes et médailles dans la vitrine du salon ; d’autres mettent des santiags, des lunettes de soleil et accrochent des crânes de taureau blanchis par le soleil au pare-brise arrière de leur pick up… Certes, ils sont moins nombreux… La couleur est annoncée au moindre coup d’œil : ici, éleveur de taureaux ! Un face-à-face pour le moins étrange pour le citadin qui n’a l’habitude de voir de squelette que dans les boutiques de la rue de l’Ecole de médecine, et encore, ils sont en résine ! Mais tout à fait normal voire banal en ces terres sud-espagnoles connues pour leur passion taurine…

Et rien à voir avec la boisson énergisante, le taureau rouge en français, contenant ce neuro-transmetteur, la taurine, interdit pendant des années en France ! Et pour cause, l’Afssa avait conclu qu’elle pouvait avoir des effets neuro-comportementaux indésirables et dopants… Par principe de précaution, l’interdiction a résisté pendant plus de 10 ans… Jusqu’à ce que l’entreprise autrichienne menace l’hexagone d’un coûteux procès, ces effets néfastes sur la santé ne pouvant être démontrés (les limites du principe de précaution…). Aux oubliettes l’avis de l’autorité de santé, les canettes de taureau rouge débarquent dans les rayons et les goulots d’étranglement ! Et aujourd’hui, la polémique renaît avec la boisson Outbox, qui réduirait le taux d’alcool dans le sang… Totalement contreproductif avec les campagnes de prévention pour limiter la consommation d’alcool chez les jeunes ! Certains lobbies ont décidément plus de pouvoir que d’autres. Et le crâne de taureau, s’agitant sur la vitre à en perdre quelques dents, en ressort bien moins menaçant !

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