Photo-graphies et un peu plus…

Bouille de passage

En attendant que je reprenne du service sur le site d’une manière ou d’une autre, vous pouvez me suivre sur ma page Facebook ou sur mon espace Instagram où je continue à poster des photos individuelles.

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Le péricamérascope

Vous aurez peut-être un peu de mal à me croire mais figurez-vous que cet homme là, caché derrière des blocs de pierre en quasi tenue de camouflage si ce n’était ce T-Shirt rouge, est le premier, au monde, à utiliser un péricamérascope. Cet appareil ultra-moderne et relativement discret permet de prendre une photographie, à distance, sans être vu et surtout – et c’est là que réside la grande nouveauté par rapport au banal zoom – à un angle de vue compris entre 45° et 90° (le tout se règle avec une petite molette à côté du déclencheur). Ainsi, tel que vous le voyez cadrer, il est en réalité en train de prendre une photographie des quatre-cinq personnes en bord de mer (en effet, il y a une légère incertitude sur le nombre, l’une d’entre elles étant dans le parfait prolongement de l’autre). D’ailleurs, le petit gars en vert a l’air de se douter de quelque chose, ce qui pourrait laisser entendre qu’il y a encore quelques améliorations à apporter à cette belle innovation…

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Tout est dit !

Cette dame a manifestement beaucoup beaucoup d’amour à distribuer : ça tombe bien, on en a tous un peu besoin…

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Plage des villes

Parfois, dans la vie, il faut savoir se contenter – ou se satisfaire, ce qui est un poil différent – de ce que l’on a, même si cela peut laisser dubitatif : un lac sans fin apparente en guise de mer à l’eau couleur turquoise, une piste de macadam cicatrisé et aux multiples greffons en lieu et place d’une belle plage bien potelée de sable chaud, fin et blond de préférence.

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Bandes de copines

Certaines prennent vraiment très au sérieux l’expression : « sortir en bandes » !

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Le superflu

Il y a quelques semaines, j’ai poussé la porte de la maison Tan Ky, à Hội An, au Vietnam. Une vieille maison traditionnelle datant du 18e siècle, fruit d’une subtile et magnifique combinaison d’architectures chinoise, vietnamienne et japonaise, et miraculeusement préservée à la fois du temps qui passe, des multiples assauts guerriers qu’a connus le pays, et plus récemment, des inondations récurrentes qui font monter le niveau de la rivière Thu Bồn toute proche à plus d’un mètre de hauteur. Passée l’entrée, le visiteur est pris en charge par une « personne de la famille » parlant sa langue, ce qui facilite grandement la compréhension de l’histoire de la maison déroulée pièce après pièce.

Arrive alors ce moment à l’origine de ce duo (symboliquement, une ampoule s’allume en moi, je ne sais pas encore où). Dans sa narration, la guide évoque le « vase de Confucius ». J’écoute et prends note. Ce vase aurait (au conditionnel car pour l’heure, je n’ai encore rien trouvé qui s’en fasse précisément l’écho) la particularité de se vider dès lors que l’on tente de le remplir à plus de 80%. J’imagine qu’à l’époque du maître chinois, on ne parlait pas en pourcentage – la trace la plus lointaine d’un signe équivalent remonterait en effet à 1425 – et que le récit a été modernisé pour être adapté à nos modes de représentation chiffrés. Avant Montaigne et sa modération, Confucius, et bien d’autres auparavant, nous rappelaient que la quête de ces derniers 20% – par ailleurs très complexe – était superflue, et que nous n’avions pas besoin d’eux pour être suffisamment comblés et heureux… A l’ère du toujours plus, de la sur-consommation-exploitation-spoliation… à outrance, de l’insatisfaction chronique voire pathologique, cette piqûre de rappel est plus que bienvenue. D’autant que 80%, c’est encore beaucoup trop !

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Les pantins consentants

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Lâche-toi

La photo de dos est-elle une photo lâche, ou plutôt de photographe lâche, ou plutôt de photographe qui ne fait pas véritablement face, qui n’assume pas complètement ce qu’il est en train de faire et qui, à défaut de se cacher pour le faire – derrière un arbre avec un zoom indécent par exemple – préfère le cacher aux autres tout en le faisant ? Bien sûr que non (pouvais-je réellement répondre autrement ?). De prime abord, la photo de dos paraît toutefois plus facile à réaliser que la photo de face(s). Détrompez-vous !

La photo de dos a ses subtilités, ses contraintes et exige de la part de ceux qui la pratiquent une grande réactivité et une maîtrise certaine de la transparence, caractère particulièrement complexe à acquérir pour tout être humain normalement constitué. Car, pour qu’une photo de dos soit réussie, il est primordial de ne capter aucune face de face. En d’autres termes, en plus d’attendre le moment, parfois très court, où tout le monde est retourné, de quart ou de profil, il faut, en outre, ne pas être repéré, ne pas attirer l’attention – une véritable gageure dans un contexte comme celui-ci comme vous l’imaginerez aisément -, ne croiser aucun regard qui trahirait non seulement notre présence mais également l’opération en cours.

Ce n’est certes pas interdit par le règlement intérieur du parfait photographe… Simplement, la photo ainsi faite changerait de nature et un observateur extérieur ne l’aborderait absolument pas de la même manière. Son regard convergerait inéluctablement vers la personne de face, qu’elle percevrait alors comme une sorte d’élu du photographe, comme l’objet de son attention, avant, dans le meilleur des cas, de jeter un œil discret au reste de l’image. A contrario, dans la photo de dos totale, chaque dos, chaque détail, chaque posture, chaque geste, chaque élément de l’image devient important et, en quelque sorte, unique, donc digne d’intérêt, c’est-à-dire, digne d’être regardé. Ainsi la photo de dos s’apparente-t-elle à une photo démocratique mettant chacun sur un pied d’égalité, sur laquelle l’œil se balade librement d’un coin à l’autre sans être fortement guidé par celui du photographe…

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Je vous parle d'un temps...

A l’étranger, user des transports locaux est une façon parmi d’autres d’être au contact de la population, d’en savoir un peu plus sur ses us et coutumes, de partager un même rythme et des conditions de vie similaires. Savoir comment les gens se déplacent et se déplacer avec eux me semble en effet essentiel pour appréhender humblement un pays et en avoir une approche relativement authentique. C’est donc avec une réelle tristesse, un brin d’incrédulité et un peu de colère également, que j’ai récemment appris qu’étrangers et péruviens ne pouvaient plus partager les mêmes wagons – voire trains – pour se rendre à la station proche du Macchu Picchu… Comme si un voyage n’était qu’une succession de rencontres avec des lieux et non pas avec des personnes.

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Précis d'imprécision

Avant même de prendre cette photo, je savais pertinemment qu’il y avait 99,9 % de chance qu’elle soit floue. Doublement floue même. Du fait du mouvement respectif et asynchrone de ces deux femmes d’une part, et de ma précipitation à déclencher d’autre part, en partie liée à ma surprise. Pas de surprise en revanche sur mon petit écran, l’image était bien floue. Or, le sort réservé à une photo floue est loin d’être une science exacte. Il existe une marge de tolérance, un seuil, une frontière qui dicte la marche à suivre. Effacer, conserver. Frontière qui n’est d’ailleurs pas réellement une ligne comme pourraient le laisser penser nos atlas, planisphères et autres globes terrestres, mais bien « un espace d’épaisseur variable ». Entre 5 et 30 mètres paraît-il. C’est dans cette intervalle, dans ce territoire non revendiqué, dans cette zone de non-choix pacifique que tout se joue. De part et d’autre, nous sommes ailleurs, avec des règles strictes. Mais là, dans cet interstice, s’ouvre le champ des possibles…

C’est un peu comme avec le flou. Un flou acceptable n’est ni « trop flou » – car on ne comprendrait rien à l’image – ni « pas assez flou » – le flou serait alors perçu comme la manifestation d’une photo ratée. Un flou acceptable est, en quelque sorte, un flou « juste ». C’est totalement subjectif évidemment et intimement lié à notre degré d’acceptation – et d’appréciation – de l’incertitude. Qui lui-même évolue dans le temps, au fil des saisons et de nos histoires personnelles. Cette image aurait donc disparu sans l’existence de cet équilibre aussi subtil que précaire, et de fait logiquement vaporeux, entre ces deux silhouettes définies et indéfinies à la fois, et que tout oppose, l’une bringuebalante et banale, l’autre droite, distinguée et tout en retenue… Cette image aurait disparu si je n’avais décidé, au moment où je l’ai vue pour la première fois, que le flou dont elle était parée ne se trouvait pas dans la frontière… Cela tient parfois à un fil !

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