Photo-graphies et un peu plus…

Pas si chouette !

Parfois, en voyage, plein d’un entrain un brin naïf, on ne sait pas vraiment à quoi l’on s’expose… Mais si, sur le moment, on a la sensation de vivre un échec cuisant, on sait aussi que, passé l’agacement, cela fera de bons souvenirs. Par exemple, ce soir là, sur l’île volcanique de Lanyu, appelée aussi Ile aux Orchidées, postée au large de la côte sud-est taïwanaise, l’idée était de se greffer à un groupe de visiteurs pour aller voir et entendre les chouettes en pleine nuit dans la montagne. Un must a priori. Les premières minutes d’introduction chez le guide auraient dû me mettre la puce à l’oreille : logiquement, la langue de la soirée allait être le mandarin, et le guide, un passionné, allait être généreux en explications. Certes, faire une visite sans comprendre quoi que ce soit pouvait sembler étrange, mais, pour les chouettes, cela se tentait…

Après 15′ de scooter, la vingtaine de curieux que nous étions encore au début marque un premier arrêt dans l’obscurité. Le guide sort alors sa lampe frontale surpuissante et arrose de son rai artificiel les arbres alentours. L’idée n’est pas encore de trouver des chouettes – le clou du spectacle – mais d’autres petites bêtes – divers insectes en fait. Comme anticipé, les descriptions se font en chinois et le seul autre occidental présent, s’il commence par traduire quelques extraits de ce qui devient rapidement une conférence de troisième cycle en entomologie, finit par se lasser après la quatrième plante soulevée pour dénicher une petite araignée nocturne. Je comprends dès lors que je vais passer à côté de la soirée et décide donc de l’observer.

La première heure, tout le monde suit avec beaucoup d’attention. Nous chevauchons nos scooters – je suis passagère et dépendante de mon pilote – pour aller d’un spot à l’autre, nous descendons de nos destriers du soir, allumons nos lampes, suivons le guide qui nous montre ses merveilles et imite la chouette de façon régulière en espérant qu’une vraie lui réponde. La deuxième heure, alors que nous nous enfonçons dans l’unique route traversant la montagne, l’attention générale commence à pâlir. Toujours aucune chouette à l’horizon. Mais des plantes, des araignées, des phasmes… Je vis une expérience extracorporelle : je suis sur une montagne, en pleine nuit, avec un groupe de sinophones en scooters et lampes frontales, en train de chercher des chouettes avec un guide qui alterne hululements vains et explications qui, à mes yeux et oreilles, restent du chinois dans tous les sens du terme. Il fait bon, ça compense, le ciel est étoilé, ça compense doublement. Mais quand même.

Après 2h30 de balade nocturne infructueuse, des gens commencent à abandonner le groupe. Comme je les envie ! Il a beau faire nuit, le guide n’est pas dupe, il les voit s’enfuir. Et il poursuit son programme en trois points. Au bout de 3h, d’un certain nombre de hululements et d’évasions lâches, voilà qu’il repère une chouette. Une toute petite chouette là, au loin, sur la branche là-bas, au fond… Vraiment ? Tout ça pour ça ! Malgré tout, cela réveille tout le monde ! Nous avons fini par voir une chouette et nous nous disons tous que le Graal ayant été atteint, nous allons pouvoir rentrer au bercail. Le guide lance quelques mots, nous remontons en effet sur nos scooters et entamons la descente vers le village. J’arbore un grand sourire. Ouf, c’est bientôt fini ! Sauf qu’au lieu de tourner à droite pour rejoindre nos lits à tous, mon pilote, et quelques autres, virent à gauche. Vers un autre spot. C’est probablement ce qu’a expliqué le guide un peu plus haut, mais, bizarrement, l’info m’a échappé… Je regarde le village et mon lit superposé s’éloigner pour un temps indéfini, je ris de moi et de cette situation rocambolesque dans laquelle je me suis glissée inconsciemment mais volontairement, je me laisse porter pendant une heure encore – soit 4h au total – tout en étant désormais incapable de m’extasier devant les stars de la nuit même si elles sont assurément très chouettes ! Lasse et confuse, je jure mais un peu tard que l’on ne m’y prendra plus !

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C'est la jungle !

 Si la très grande majorité des personnes se rendent au Victoria Peak et en descendent en empruntant l’un des plus vieux funiculaires au monde, et, en tout cas, le plus raide, il est aussi possible, modulo un peu de temps, de souplesse et de sens de l’orientation de retrouver le niveau de la mer en empruntant un dédale de ruelles, lequel s’engouffre, après un moment, dans une forêt tropicale. Là, au détour de lianes, de feuilles de palmier et d’une végétation luxuriante, une fenêtre s’ouvre sur la jungle urbaine dans une juxtaposition si étrange qu’on la penserait irréelle… Et pourtant…

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Cette photo est visible en papier et en encres à l’édition 2018 de Photo Doc., la foire de la photographie documentaire, qui se tient du 4 au 6 mai à la Halle des Blancs Manteaux à Paris et à laquelle je participe avec mon collectif Les 4 Saisons. Il s’agit d’une expo-vente, au cours de laquelle je proposerai également des livrets sur Hong Kong, sur Hoï An, sur Hiroshima et sur Jiufen à Taiwan.

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Voilà un nouveau néophotologisme pour cet étonnant effet collatéral d’une pratique photographique aussi raillée que plébiscitée… Le selfisolement, comme son nom l’indique, est donc la situation d’extrême isolement dans laquelle se met une personne ou un groupe de personnes alors qu’elles cherchent la posture idéale pour faire un selfie. Par « extrême isolement », j’entends cette bulle quasi autistique dans laquelle elles plongent pour se focaliser uniquement sur ce petit écran qui leur renvoie leur image et qui les coupe littéralement du monde tant qu’elles ne sont pas satisfaites du reflet émis. Un arbre pourrait tomber derrière elles, un singe leur passer à côté, la cascade s’arrêter de cascader qu’elles ne s’en rendraient pas compte. A fortiori, la personne postée à 1 mètre d’elles immortalisant la scène est évidemment transparente !

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Des poètes en pagaïe

« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. » En découvrant ces mots de René Char extraits de son recueil de poèmes « La parole en archipel », je pense immédiatement à cette photographie prise cet été après une petite journée à arpenter – avec des dizaines d’autres personnes – les dunes de Tottori au Japon, celles-là même qu’avaient sublimé Shoji Ueda en son temps. Je revois ces traces globalement droites striant cette masse sableuse, me faisant dire que ceux qui les ont faites étaient en phase descendante plutôt que montante, et je réalise que, faute de repère contextuel, un arbre, un être humain, une voiture, il est presque impossible d’en deviner la taille réelle. 10 mètres, 50 mètres, 100 mètres, plus encore ? Et je me dis, qu’en fait, il pourrait tout aussi bien s’agir de traces de scarabées… qui n’en seraient pas moins des poètes pour autant, nous rappelant à l’envi que leur absence porte les stigmates de leur présence.

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Calcul implicite

 Il y a quelques mois ou plutôt années, je ne sais plus, j’ai réalisé que nous faisions des mathématiques en permanence sans nous en rendre vraiment compte. Personnellement, je n’ai rien contre elles, j’ai été élevée à coup d’équations à résoudre et d’inconnues à identifier – j’ai même fini par y prendre goût -, mais j’ai bien conscience que les mathématiques resteront à jamais un cauchemar pour beaucoup. La révélation m’est apparue en attrapant un banal carton dont je ne connaissais pas le contenu. Je me suis baissée pour le récupérer au sol et, étrangement, je l’ai presque envoyé au plafond. Que s’était-il passé ?

Inconsciemment, j’avais manifestement fait de savants calculs mathématiques en me projetant, dans un premier temps, sur un poids supposé du carton et, dans la foulée, en configurant ma force à déployer pour que je sois en mesure de soulever ce poids hypothétique. En d’autres termes, j’avais imaginé que le carton serait plein et mon corps s’était donc préparé, en amont, à hisser quelque chose de lourd. Au moment où j’ai réalisé que le carton était en fait vide, a fortiori, très léger, mon cerveau avait déjà échangé avec mes neurones moteurs et tout calculé pour commander les mouvements adéquats à mes muscles. Résultat : la force déployée était disproportionnée par rapport à la masse à finalement soulever, et le carton s’est quasi envolé. N’est-ce pas absolument fascinant ? Si, si ! Bien sûr, le carton n’est qu’un exemple, voire, qu’un mot. Et ce raisonnement vaut aussi pour des pierres et roches, qui, elles aussi, peuvent être trompeuses, ce que confirme toute rencontre avec du basalte vacuolaire…

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Le pont des soupirs

Stupéfaction et tremolo à l’heure du café matinal et de la consultation frénétique index à l’appui, mais glissant, des nouvelles du jour ! J’ai souvent les yeux clos quand je les consulte depuis que je me suis autogreffé une appli censurant les mauvaises nouvelles et les fermant automatiquement (à la fois les yeux et les nouvelles). Il y en avait trop, ça n’était plus vivable, et je n’ai pas l’impression de fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde pour autant ! Enfin, si, mais il existe différentes manières de voir. Bref, là, ils sont restés ouverts, non que la nouvelle soit bonne – car le contraire de la mauvaise nouvelle n’est pas forcément la bonne nouvelle, ce serait trop simple -, elle serait plutôt ébouriffante, invraisemblable, renversante !

J’ai d’ailleurs d’abord cru à un canular, un hoax, un fait alternatif. Ce qui m’a incitée à vérifier, avant toute chose, si elle était présente sur d’autres supports, même si ça n’est plus forcément une garantie de véracité (où va le monde ?). Et maintenant que j’ai écrit toutes ces lignes sur cette info sans la partager encore, c’est un peu comme lorsque des amis vous disent que tel film ou telle pièce de théâtre ou tel livre ou tel concert est vraiment hyper-méga-génial-e et qu’il faut absolument-franchement-essentiellement aller le ou la voir ou le lire ou l’entendre, vous vous projetez naturellement sur ce qui vous hisse généralement à l’apogée de votre propre échelle émotionnelle, tout en modulant ce calcul à l’aune de votre fine connaissance de vos amis, vous vous imaginez des choses, et souvent, vous êtes déçus. Oui, déçus. Du coup (si si, j’ai écrit « du coup »), je ne sais plus si ça vaut vraiment la peine que je vous dise… Oui, parce que clairement, vous allez vous dire : « Quoi, tout ça pour ça ? Franchement, t’exagères Lou hein ! » Non ? Alors, vous allez re-regarder la photo choisie pour y puiser quelque indice alors qu’en réalité, tout se passe à 8614 km de là, le là étant le centre de Madagascar qui n’est pas littéralement l’endroit d’où j’ai pris cette photo, mais c’est plus simple pour le calcul, mes souvenirs d’il y a 20 ans n’étant plus aussi clairs. Je vous invite donc maintenant à prendre un compas géant et à tracer un cercle de 8614 km de rayon – j’en conviens, ça n’est pas très pratique – pour identifier la zone géographique en question et à vous balader sereinement sur la circonférence de ce cercle dans l’espoir de voir poindre l’illumination.

Ou bien, j’arrête là le supplice et vous dis tout de go ce qui m’a ébahie ce matin-là : l’inauguration, ou presque, d’un pont reliant Hong Kong à Macao ! Evidemment, avant avril 2017, ça ne me parlait pas vraiment ne sachant pas précisément quelle distance séparait les deux RAS de la Chine, mais voyez-vous, en avril 2017, j’ai justement pris le ferry – ultra rapide – depuis le port de Hong Kong pour rallier l’ancienne colonie portugaise et il mettait déjà une heure ! Je vois bien que vous vous attendiez à autre chose ! Mais pour que vous preniez bien la mesure de ce qui m’a fait tressaillir, dites vous que ce pont, qui devient automatiquement le plus long ouvrage maritime au monde, fait 55 km ! Vous vous imaginez, vous, rouler pendant 55 km au dessus de la mer ?

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De deux choses l'une...

Soit il s’agit là de deux pieds de palmiers continuant leur vie hors du cadre soit ce sont de grands balais de sorcière droits dans leurs baskets prêts au décollage. A ne pas confondre, lesdits balais, avec ces touffes végétales emmêlées et boursouflées ressemblant à peu de choses près à des nids d’oiseaux dont peuvent être atteints certains arbres. Fort heureusement, avoir des balais de sorcière accrochés aux branches est tout à fait inoffensif ! Mais je vois que vous êtes dubitatifs, que vous pensez que les balais de sorcière n’existent pas, tout comme l’histoire de William le fossilisé hier ! Et pourtant, c’est vrai ! Le balai de sorcière fait simplement partie de ces nombreux phénomènes que l’on voit sans connaître leur véritable nom. Il est 1h29 et je viens probablement d’apprendre quelque chose de quasi inutile dont je me souviendrai pourtant toute ma vie.

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Illusion d'optique

Savez-vous ce que je me suis naïvement dit en le voyant ainsi mains et bras levés ? Qu’il priait de toute son âme, qu’il saluait la beauté de ce paysage naturel et grandiose, qu’il admirait la douceur de cette montagne aérée et aérienne, qu’il se recueillait devant la toute puissance des forces telluriques de la troisième planète du système solaire (quand même, ce n’est pas rien, c’est toujours la seule habitée jusqu’à preuve du contraire !), que patati et patal’aut… Et puis, il a baissé les bras, il a pivoté de 10° vers moi et je me suis sentie bête. Comme les seuls moutons taïwanais paissant sous les yeux ébahis des touristes locaux à quelques collines de là, je m’étais égarée. Car entre ses mains, il n’avait ni plus ni moins que le chapelet des temps modernes, cet outil omnipotent, omniscient, omniprésent, toujours connecté à l’au-delà et rapprochant les êtres grâce à ses ondes électromagnétiques à la vie à la mort : dring dring !

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Les poupées islandaises

Une main innocente a tranché. 5832. Alors voilà…

Je regarde la Lune se lever sur l’horizon.

Je regarde la Lune en quadrature se lever sur l’horizon au dessus de l’eau.

Je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre.

Je suis sur une plage et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme si c’était un lac ou une baie.

Il est tard mais il fait encore jour, je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin.

Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit. Il est tard mais il fait encore jour, je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer.

J’ai fait une sieste cet après-midi, dans une chambre d’hôtel mise à ma disposition pour la journée. Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit pour Paris. Il est tard mais il fait encore jour sur cette terre nordique, je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer. Faxaflói.

J’ai raté ma correspondance Keflavik – Paris à l’aube. Je le savais avant même d’atterrir en Islande. J’ai pris cela avec le sourire, un jour de plus ou de moins, ça n’allait pas changer grand chose après un an sans rentrer. J’ai fait une sieste cet après-midi, dans une chambre d’hôtel mise à ma disposition pour la journée car la compagnie aérienne est responsable du retard de mon premier vol New York – Keflavik. Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit pour Paris. Il est tard mais il fait encore jour sur cette terre nordique, je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer. Faxaflói. J’ai toujours rêvé d’aller en Islande.

L’avion a fini par quitter New York avec 4h de retard, 2 du fait des pluies torrentielles de cette fin de mois d’août qui ont cloué les avions au sol le temps que cela se calme, et 2 de plus parce que la voiturette chargée de conduire l’avion sur la piste s’est cassée le bras et qu’il a fallu attendre qu’une autre puisse prendre le relais. J’ai raté ma correspondance Keflavik – Paris à l’aube. Je le savais avant même d’atterrir en Islande. J’ai pris cela avec le sourire, un jour de plus ou de moins, ça n’allait pas changer grand chose après un an sans rentrer et deux mois entiers d’errance américaine. J’ai fait une sieste cet après-midi, dans une chambre d’hôtel mise à ma disposition pour la journée car la compagnie aérienne est responsable du retard de mon premier vol New York – Keflavik. Vive les bras cassés ! Les intempéries à elles seules n’auraient pas suffi. Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit pour Paris. Il est tard mais il fait encore jour sur cette terre nordique, je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer. Faxaflói. J’ai toujours rêvé d’aller en Islande. Les grands espaces, les volcans, les aurores, le vide.

Pouvoir errer dans les rues de New York pendant cette journée et demie s’est avéré bien agréable après ces deux jours consécutifs assise dans le train. Au bout de quatre séjours dans la grande pomme, j’en ai notamment profité pour découvrir le MoMa. Trop de monde ! Puis la pluie a commencé à tomber. L’avion a fini par quitter New York avec 4h de retard, 2 du fait des pluies torrentielles de cette fin de mois d’août qui ont cloué les avions au sol le temps que cela se calme, et 2 de plus parce que la voiturette chargée de conduire l’avion sur la piste s’est cassée le bras et qu’il a fallu attendre qu’une autre puisse prendre le relais. J’ai raté ma correspondance Keflavik – Paris à l’aube. Je le savais avant même d’atterrir en Islande. J’ai pris cela avec le sourire, un jour de plus ou de moins, ça n’allait pas changer grand chose après un an sans rentrer et deux mois entiers d’errance américaine, principalement sur la côte ouest et Hawaii. J’ai fait une sieste cet après-midi, dans une belle chambre d’hôtel mise à ma disposition pour la journée car la compagnie aérienne est responsable du retard de mon premier vol New York – Keflavik. Vive les bras cassés ! Les intempéries à elles seules n’auraient pas suffi. Les compagnies aériennes ne payent pas pour les aléas climatiques. Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit pour Paris. Il est tard mais il fait encore jour sur cette terre nordique, où parfois il fait toujours jour et parfois toujours nuit ; je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer. Faxaflói. J’ai toujours rêvé d’aller en Islande. Les grands espaces, les volcans, les aurores, le vide. Quand j’étais à Kerguelen, on nous disait que c’était un mélange d’Islande, d’Ecosse et de Patagonie. La quadrature du cercle…

Dire que j’ai pris un coup de soleil à même mon jean en admirant les mythiques bateaux à aube fendant le Mississippi à la Nouvelle Orléans ! Une petite escale d’une demie-journée sous le cagnard avant d’embarquer dans le Crescent pour une trentaine d’heures et ainsi rejoindre New York en train. Pouvoir errer dans les rues de New York pendant cette journée et demie s’est avéré bien agréable après ces deux jours consécutifs assise dans le train. Au bout de quatre séjours dans la grande pomme, j’en ai notamment profité pour découvrir le MoMa. Trop de monde ! Puis la pluie a commencé à tomber. L’avion a fini par quitter New York avec 4h de retard, 2 du fait des pluies torrentielles de cette fin de mois d’août qui ont cloué les avions au sol le temps que cela se calme, et 2 de plus parce que la voiturette chargée de conduire l’avion sur la piste s’est cassée le bras et qu’il a fallu attendre qu’une autre puisse prendre le relais. J’ai raté ma correspondance Keflavik – Paris à l’aube. Je le savais avant même d’atterrir en Islande. J’ai pris cela avec le sourire, un jour de plus ou de moins, ça n’allait pas changer grand chose après un an sans rentrer et deux mois entiers d’errance américaine, principalement sur la côte ouest et Hawaii. J’ai fait une sieste cet après-midi, dans une belle chambre d’hôtel mise à ma disposition pour la journée car la compagnie aérienne est responsable du retard de mon premier vol New York – Keflavik. Vive les bras cassés ! Les intempéries à elles seules n’auraient pas suffi. Les compagnies aériennes ne payent pas pour les aléas climatiques. Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit pour Paris. Il est tard mais il fait encore jour sur cette terre nordique, où parfois il fait toujours jour et parfois toujours nuit ; je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer. Faxaflói. J’ai toujours rêvé d’aller en Islande. Les grands espaces, les volcans, les aurores, le vide. Quand j’étais à Kerguelen, on nous disait que c’était un mélange d’Islande, d’Ecosse et de Patagonie. La quadrature du cercle… J’irai vérifier par moi-même, c’est toujours plus excitant que les « on-dit ». C’est pour cette raison, je crois, que je n’ai jamais vraiment aimé lire les récits de voyage des autres avant de découvrir un nouveau territoire.

Ils sont quatre sur le quai à agiter leurs mains pour dire au-revoir à leur grand-mère. Ou à leur frère. En fait, je ne sais pas à qui ces signes s’adressent. Je vois simplement disparaître le panneau Los Angeles et je suis toute fébrile à l’idée de passer les prochaines 48 heures à bord du Sunset Limited, de traverser tous les Etats-Unis par le sud, de squatter le wagon panoramique pour vivre le plus long plan séquence en travelling de l’histoire, de poser le pied à La Nouvelle Orléans en attendant la correspondance pour NY d’où je prendrai l’avion pour le vieux continent qui m’attend. C’est bien plus long que l’avion, mais c’est autrement plus intéressant ! Dire que j’ai pris un coup de soleil à même mon jean en admirant les mythiques bateaux à aube fendant le Mississippi à la Nouvelle Orléans ! Une petite escale d’une demie-journée sous le cagnard avant d’embarquer dans le Crescent pour une trentaine d’heures et ainsi rejoindre New York en train. Pouvoir errer dans les rues de New York pendant cette journée et demie s’est avéré bien agréable après ces deux jours consécutifs assise dans le train. Au bout de quatre séjours dans la grande pomme, j’en ai notamment profité pour découvrir le MoMa. Trop de monde ! Puis la pluie a commencé à tomber. L’avion a fini par quitter New York avec 4h de retard, 2 du fait des pluies torrentielles de cette fin de mois d’août qui ont cloué les avions au sol le temps que cela se calme, et 2 de plus parce que la voiturette chargée de conduire l’avion sur la piste s’est cassée le bras et qu’il a fallu attendre qu’une autre puisse prendre le relais. J’ai raté ma correspondance Keflavik – Paris à l’aube. Je le savais avant même d’atterrir en Islande. J’ai pris cela avec le sourire, un jour de plus ou de moins, ça n’allait pas changer grand chose après un an sans rentrer et deux mois entiers d’errance américaine, principalement sur la côte ouest et Hawaii. J’ai fait une sieste cet après-midi, dans une belle chambre d’hôtel mise à ma disposition pour la journée car la compagnie aérienne est responsable du retard de mon premier vol New York – Keflavik. Vive les bras cassés ! Les intempéries à elles seules n’auraient pas suffi. Les compagnies aériennes ne payent pas pour les aléas climatiques. Je fais un dernier tour avant de reprendre l’avion en pleine nuit pour Paris. Il est tard mais il fait encore jour sur cette terre nordique, où parfois il fait toujours jour et parfois toujours nuit, ce qui fait remonter à la surface un souvenir hivernal de Tromso, en Norvège, où je suis allée un an plus tard ; je suis sur une plage de pierres et je regarde la Lune en quadrature, en partie cachée derrière des stratus, se lever sur un horizon fait d’eau et de terre, comme s’il s’agissait d’un lac ou d’une baie, mais je sais que l’océan atlantique n’est pas loin. Et que cette baie, tout comme tout sur cette île, a un nom que j’aurai du mal à prononcer. Faxaflói. J’ai toujours rêvé d’aller en Islande. Les grands espaces, les volcans, les aurores, le vide. Quand j’étais à Kerguelen, on nous disait que c’était un mélange d’Islande, d’Ecosse et de Patagonie. La quadrature du cercle… J’irai vérifier par moi-même, c’est toujours plus excitant que les « on-dit ». C’est pour cette raison, je crois, que je n’ai jamais vraiment aimé lire les récits de voyage des autres avant de découvrir un nouveau territoire. Next stop : l’Ecosse !

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… reste à savoir qui le tient.

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