Photo-graphies et un peu plus…

La face cachée de la Luna

Je m’imagine parfaitement me dire, au moment où j’ai pris cette photo : « je suis sûre que dans 4 ans, quand tu prendras enfin le temps de regarder ces photos, tu auras totalement oublié comment tu as réussi à capturer cette insaisissable et énigmatique face cachée de la Lune colonisée par une nature gourmande et envahissante mais ce n’est pas grave, je ne veux pas passer à côté. Tu réfléchiras et avec un peu de chance, ça reviendra. » Mon moi d’il y a 4 ans avait manifestement raison. Reste à savoir sur quoi. Sur le fait d’anticiper l’oubli, ou, au contraire, de me souvenir ?

Share on Facebook

DSC_8953-72

Nombreuses sont les raisons qui peuvent pousser quelqu’un à prendre quelque chose en photo. Certains d’entre vous s’interrogent sûrement déjà face à celle-ci. Des barrières, ok, des arbres, bien, une maison, pourquoi pas. Au final, visuellement, rien de réellement transcendant. J’en ai bien conscience et là n’est pas le plus important. Tout simplement parce que cela ne se joue pas à ce niveau. D’ailleurs, cinq ans après l’avoir prise, cette photo continue à me faire sourire. La faute à un bête jeu de mots comme j’en raffole. Et quand il se fait par l’intermédiaire d’une image, c’est le jackpot… Car voyez-vous, j’ai pris cette photo à Chicago, et cette maison rouge partiellement dissimulée par les arbres avec laquelle il convient de maintenir une certaine distance n’est autre que la … baraque d’Obama ! Oui, je sais, il m’en faut peu pour être heureuse vraiment très peu, je sais me satisfaire du nécessaire, mais citez moi un autre nom de président – même ex – avec lequel ça fonctionne aussi bien ! Bah voilà…

Share on Facebook

Au clair de la lune

(Le Delta) Silencieuse, sur ma barque, je me perds dans ses bras, en attendant que la Lune, pleine, me prenne dans les siens. (Du Mékong)

Share on Facebook

Le mur des végétations

Inutile de vous racler la gorge, il ne s’agit pas d’elle. Mais de cet enchevêtrement inextricable de branches, de lianes, de troncs, de feuilles, d’arbres, de cette nature sauvage décomplexée, de cette forêt tropicale impénétrable et mystérieuse, de cette nébuleuse végétale envoûtante, si recroquevillée sur elle-même que même les sons semblent ne pouvoir s’en échapper. Comme dans l’espace, où personne ne nous entendrait crier…

Share on Facebook

Et alors ?

En avoir pleinement conscience en cadrant ne m’a pas empêchée de déclencher. Sans regret d’ailleurs. Donc, oui, je contribue à véhiculer un cliché du Vietnam avec ses rivières bordées de nénuphars en fleurs serpentant autour de pics karstiques et sur lesquelles on peut naviguer, tranquillement, à bord d’embarcations à fond plat en avançant à l’aide d’une longue tige en bambou protégés du soleil par un chapeau pointu… Enfin, inutile de vous faire un dessin. C’est juste au dessus. En même temps, ce cliché-là, authentique scène de la vie courante locale, est passé sous mes yeux des dizaines de fois (oui, j’exagère un peu). Et chaque fois, j’ai été saisie par sa beauté, par sa simplicité, par sa pureté. Et puis, quand bien même, rien n’interdit au photographe de prendre des clichés, si ?

Share on Facebook

"Elle est douce"

La déclinaison magnétique de la Terre, ça vous parle ? Non ? Vous le sauriez si vous l’aviez déjà rencontrée car elle vous aurait probablement joué des tours. C’est en tout cas en me trompant que j’ai fait sa connaissance. Reprenons au début : une main d’humains en bottes, chargée de nourriture pour une semaine, s’apprête à lever l’ancre. Sa mission : compter, sur un territoire défini, les albatros qui couvent et le nombre d’œuf – soit 1 soit 2 – sous chacun d’eux. La zone à explorer, proche de l’océan, n’est qu’à 3h de marche de la base. Un terrain simple, sans relief ou si peu, et sans surprise. Une promenade de santé en quelque sorte.

La main est insouciante et marche d’un pas décidé vers l’objectif, guidée par l’usage combiné d’une carte IGN et d’une boussole. A l’ancienne donc. Mais au bout de 3h, point d’horizon en vue ; a fortiori, pas d’océan ; a double fortiori, pas de cabane ; a triple fortiori, pas d’albatros ; à quadruple fortiori, la poignée commence à s’interroger. Aurait-elle manqué un virage ? Non, c’est tout droit, un chemin sans aucun obstacle. Aurait-elle alors manqué un virage ? Non, toujours pas. La main poursuit sa route, convaincue que l’estimation des 3h était trop optimiste. Un crachin doublé d’une légère brume effaçant le peu de volume présent l’accompagne après 4h de marche, toujours pas d’horizon, mais une lassitude dans les jambes et puis, quand même, une petite angoisse qui grandit. La main serait-elle perdue ? Alors qu’elle a suivi scrupuleusement la route tracée sur la carte et respecté les ordres azimutés de la boussole ? La base est injoignable. Et il n’y a absolument aucun repère à 20 km à la ronde, aucun mont répertorié sur la grande feuille dépliée même s’il en existe un, en vrai, là, au bout. 5h. La main a perdu le sens de l’humour. Elle se demande déjà comment elle va bien pouvoir résister au froid de la nuit. La main se tait. De ce silence lourd et pesant qu’une mouche ne pourrait même pas briser puisqu’il n’y en a pas. Jusqu’à ce qu’un doigt se lève, timidement mais avec l’assurance de celui qui sait avoir raison : « On a oublié la déclinaison magnétique de la Terre ! ».

La revoilà donc. La déclinaison magnétique – rien à voir avec un cours de physique latine – est l’angle entre la direction du Nord magnétique – celui qu’indique la boussole – et celle du Nord géographique – celui des cartes. Et oui, il y a 2 « Nord ». Or, si le Nord géographique est relativement stable, le magnétique souffre, quant à lui, d’une bougeoïte aiguë. Il dépend en effet de l’endroit où l’on se trouve et de la date à laquelle on a besoin de savoir où il se trouve. Et là, sur cette île coincée entre l’Antarctique et La Réunion, elle avoisine les 18°. Peut-être un peu plus, peut-être un peu moins. Le doigt salvateur résume la situation : la main a, dès le départ et pendant 5h, marché avec une erreur de 18°… Dès lors, la main comprend plus facilement l’absence d’océan, de cabane, d’albatros. Et si elle comprend aussi rapidement qu’elle ne va pas les voir de si tôt, elle repart aussitôt d’un bon pas et plein d’optimisme. C’est que la nuit va bientôt tomber et que les repères visuels font toujours défaut. Après 3h de progression, la main tombe sur une grande étendue d’eau. Impossible, à cause de la brume, d’en voir la fin. Serait-ce enfin l’océan ? Un doigt, un autre, se baisse vers la surface et en extrait quelques gouttes, qu’il goutte : « Elle est douce ! ». Mazette ! Ce n’est donc pas l’océan. Chute de tension collective. Mais tout n’est pas perdu : le lac est sur la carte. Au cours de cette journée, la main n’a jamais su avec autant de précision où elle était véritablement… C’est-à-dire très proche de l’océan, de la cabane, des albatros…

Share on Facebook

L'impasse

Après avoir scrupuleusement suivi ces traces de pas sur très précisément 3 427 mètres, j’en suis arrivée à l’incontestable conclusion que ce chemin ne menait nulle part. Ne voulant pas me laisser abattre par un obstacle de pacotille, j’ai enjambé la maigre végétation et ai poursuivi mon chemin sur une route non balisée.

Share on Facebook

C'est la jungle !

Finalement, nous avons tous quelque chose en nous de…, non, pas de Tennessee !, de Johnny… Weissmuller, aka Tarzan, lorsque nous lançons une recherche sur Internet. Et que, sans pour autant pousser le moindre cri (le sien – un yodel autrichien inversé passé en accéléré pour les uns, un montage incroyable de voix humaine, d’aboiement de chien, de rugissement de hyène, de blatèrement de chameau et de son de violon pour les autres – a marqué des générations entières de tympans et je suis quasi sûre que vous l’avez déjà mentalement reproduit depuis que vous avez commencé à lire ce texte), donc de lien en lien, comme lui de liane en liane, nous nous éloignons petit à petit, non seulement de notre point de départ, mais parfois même, souvent pour être tout à fait honnête, de notre quête initiale jusqu’à ne plus savoir réellement où nous sommes ni comment ni pourquoi nous sommes arrivés là, passant, en quelques clics, d’une simple vérification sur ce cri primal du premier autrichien célébré à Hollywood au top 10 des labyrinthes en France (cri > oreille > pathologie > labyrinthite > labyrinthe…). Fort heureusement, comme l’a dit en son temps Christophe Colomb, qui s’y connaissait fort bien en détours : « On ne va jamais aussi loin que lorsque l’on ne sait pas où l’on va ». Voilà qui devrait réjouir les vagabonds numériques que nous sommes devenus. Mais, pour boucler la boucle for et rassurer les moins aventureux d’entre vous, je serais tentée de combiner cette pensée d’explorateur à un proverbe sénégalais : « Quand tu ne sais pas où tu vas, retourne toi et regarde d’où tu viens »… Dans la jungle dense, ce peut être confus, même pour Tarzan. En revanche, en langage informatique, c’est déjà plus facile : reculer d’une, de deux, de trois, de six pages, ou consulter directement l’historique pour revenir au point de départ !

Share on Facebook

Plongée dans le désert

Share on Facebook

Chassez le naturel...

Share on Facebook