Photo-graphies et un peu plus…

Hallucination collective

Savez-vous ce que je me suis dit en passant au dessus de la Staromestská à Bratislava et en regardant à gauche ? « Oh, on dirait une soucoupe volante ! » Peut-être avez-vous eu exactement le même réflexe d’ailleurs ! La remarque pourrait sembler totalement anodine. En réalité, elle est loin de l’être car en se faisant cette réflexion, nous affirmons que nous reconnaissons ici, dans cette forme particulière, à cette altitude là même si cela ne lévite pas, quelque chose que pourtant la quasi totalité d’entre nous – j’intègre l’humanité entière – n’a jamais vu et dont nous – en particulier la communauté scientifique – ne sommes même pas certains de l’existence… N’est-ce pas étrange d’avoir une idée préconçue de ce à quoi ressemble ce qui  n’a pourtant jamais été observé ?

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Un jour, il y a quelques années, j’ai croisé un de mes amis Facebook dans un lieu public. Enfin, croisé… Je l’ai reconnu surtout, au loin. Enfin, il était juste devant moi. Dans une file à attendre son tour. Un photographe dont j’aimais assez la poésie et la démarche. Il sautait plutôt, ou s’élevait, c’est plus juste. Un pas de danse suspendu dans des endroits parfois incongrus. On ne s’était jamais vus. Cela arrive tout le temps de nos jours. On communiquait exclusivement par pouces levés, dans un sens plutôt que dans l’autre d’ailleurs (c’était avant les j’adore, je suis triste, je suis en colère, je suis waouh,  je me marre…). Et puis, il ne savait pas à quoi je ressemblais. De fait, la reconnaissance était-elle à sens unique. C’est bête, mais, sur le moment, je n’ai absolument pas eu envie d’émettre cette phrase ridicule : « Bonjour ! Nous sommes amis sur FB ! ». Ne trouvez-vous pas que cela n’a absolument aucun sens ? D’associer ainsi une notion qui sous-entend une grande proximité et même une certaine intimité entre deux personnes, a fortiori, une relation physique IRL – in real life comme on a fini par qualifier cet espace-temps solide dans lequel nous dormons, mangeons, déféquons, agissons, aimons, pensons, mourons – au plus virtuel des réseaux dont on dit – et expérimente chaque jour chacun à sa manière – qu’il a ruiné les relations humaines, les vraies.

« Ami Facebook », c’est un oxymore, éminemment stratégique, qui alimente cette douce illusion que nous ne sommes pas seuls, que des personnes ne nous connaissant pas réellement, et vivant parfois à des endroits que nous ne pourrions même pas pointer sur une carte, peuvent quand même s’intéresser à nous ou à ce que nous faisons, que les amis de nos amis sont nos amis et même que les amis des amis de nos amis sont aussi nos amis. Cette forme avancée de consanguinité numérique a secoué la théorie des 6 degrés de séparation émise pour la première fois en 1929 par Frigyes Karinthy, stipulant que « toute personne sur le globe [peut] être reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant au plus cinq autres maillons » alors que 2,07 milliards de personnes vivaient sur Terre à cette époque. Grâce au réseau bleu et avec une population mondiale 3,5 fois supérieure, le 6 est tombé à 3,5 (chiffres 2016). Le monde rétrécit à vue d’œil mais là aussi, c’est une illusion : celle que nous connaissons les personnes qui évoluent dans nos univers virtuels car nous échangeons des informations, des commentaires, nous réagissons à ce qu’elles écrivent et réciproquement, nous « rions » ensemble, nous savons ce qu’elles font, ce qu’elles écoutent, ce qui les énervent, les rend heureuses, parfois même ce qu’elles mangent, si elles sont insomniaques, si elles ont des voisins bruyants… Tout un faisceau de données qui font que lorsque nous nous présentons devant une telle personne pour la première fois, nous savons une myriade de choses sur elle sans qu’elle nous les ai apprises personnellement. Rien de nouveau sous la neige, mais cette temporalité inversée – je sais avant que tu ne me dises – est à la fois stupéfiante et déstabilisante. Et incite encore plus à passer de l’autre côté du miroir pour en avoir le cœur net et remettre les choses dans l’ordre ! Je dois d’ailleurs concéder que de belles et réelles amitiés sont nées de relations initiées dans le monde virtuel… Reste à trouver la formule de présentation adéquate… « Bonjour ! Je vous suis sur FB ! » Non, non, pas vraiment mieux sauf si vous voulez passer pour un psychopathe…

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En attendant le printemps

… la sirène est en stand-by et le corbeau, à l’affût !

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Raymond m'appelle

Raymond, je ne l’attendais pas vraiment en fait. Je l’ai trouvée là (oui, oui, vous avez bien lu), sur le bord de la route, la one O one, entre South Bend et Willapa. Au milieu de nulle part. Vraiment. Nulle part. Malheureusement, il y a parfois des « nulle part », qui relient des « part » subjuguants, où l’on est malgré tout obligé de s’arrêter – des escales techniques dans le jargon – car ils sont eux-mêmes cernés d’autres « nulle part ». Et qu’entre un « nulle part » et un autre « nulle part », ma foi, cela reste un « nulle part »… Et généralement, à l’instar de Sheldon qui, d’après Harry, est parfait pour dévitaliser une dent, d’un « nulle part », l’on n’attend absolument rien. De fait, m’arrêter à Raymond pour la nuit, dont le nom déjà, même énoncé à l’américaine, « reillemonde », annonçait la couleur, n’aurait dû me laisser aucun souvenir…

Si je suis là ce soir à vous en causer, c’est que, justement, je me souviens de Raymond. De ses rues désertes, oui ; de son motel resté dans son jus depuis des décennies et refuge d’une faune pas totalement rassurante, un peu aussi ; de son unique dinner ouvert après 7 pm, de l’autre côté de l’autoroute, oui, parfaitement. Car c’est ici qu’est né le souvenir de Raymond. Bien sûr, je ne le sais pas encore en poussant la porte de ce restaurant typique de burger qui incarne la quintessence de l’american way of life, avec ses néons étincelants, ses tables en formica cintrées d’un tour de zinc reluisant et ses chaises en moleskine, son faux plafond et ses ventilos qui brassent l’air chaud… Please wait to be seated. Obéissance même s’il y a l’embarras du choix. Là, ok, sur la banquette. La serveuse, une jeune fille fringante, apporte la carte avec un grand sourire. Elle, pas la carte. Puis s’éloigne. Du français sort de ma bouche. Son oreille se tend. Elle disparaît dans la cuisine, derrière les portes saloon, au fond à gauche sur la photo. Puis revient, prête à prendre la commande, et surtout à poser mille questions :

- Where are you from?

- Paris. In France. In Europe. (En trois temps s’il vous plaît. Parce qu’après plusieurs mois en Amérique du Nord, vous avez adopté cette habitude d’accoler l’Etat à la ville dont vous parliez, comme si, en France, on disait : « J’habite Marseille, PACA. ». La précision est d’autant plus nécessaire ici – mais inutile en réalité, mon accent m’ayant déjà trahie – qu’il y a un Paris en Arkansas, Idaho, Californie, Illinois, Indiana, Iowa, au Kentucky, dans le Maine, le Michigan, le Mississippi, le Missouri, dans l’Etat de New York, en Ohio, Oregon, Pennsylvanie, Tennessee, Virginie et bien sûr, merci Wim, au Texas !

- Are you in Raymond for vacation?

- (Là, il s’agit quand même d’être diplomate et de ne pas tenter de traduire cette histoire de « nulle part » qui pourrait vexer la personne en charge de mon dîner) No, no, I am on my way to Seattle.

- There’s nothing to do here anyway…

J’invente peut-être cette ultime réponse, mais la mienne l’a, semble-t-il, rassurée quant à ma capacité à discerner le insane du boring. Bref, je vous épargne les 998 autres questions. La donzelle repart vers la cuisine, et tout d’un coup, patratas, un immense cri aigu traverse la porte saloon qui bat encore de l’aile, puis la salle et arrive jusqu’à moi – il est exactement là le souvenir de Raymond, dans ce cri primal totalement inattendu dans l’état actuel des choses et irrésistiblement drôle qui dit : « They’re from Pariiiiiissssssss! »

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Le repère

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A travers champs

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Tous les matins, à 9h42, assez tôt pour avoir la journée devant elle mais suffisamment tard pour éviter les bouchons matinaux, elle entre dans une des quatre grandes gares parisiennes et choisit une destination au hasard. Seule condition : qu’elle soit à 34 minutes maximum de la capitale. Ce qui offre un certain choix malgré tout. Au sud, au nord, à l’est, à l’ouest, aucune censure dans l’orientation. Dans le train, elle se met près d’une fenêtre et regarde défiler la ville… Dans ce périmètre, la nature n’est pas particulièrement reine… Arrivée à sa station du jour, elle balaye les environs et entre dans le troquet qui lui semble répondre le mieux à ce qu’elle cherche. Elle pousse la porte, répond au bonjour du serveur derrière son comptoir ou le devance dans la politesse, puis va s’installer au milieu de la salle. Commande un premier café crème, sort son sachet de fraises Tagada, puis son carnet et un stylo pour écrire. Écrire au cœur de la vie des autres qui se succèdent au fil de la journée, dans le bruit des tasses posées sur les tables après chaque lampée, des collégiens qui se retrouvent, des pieds de chaises raclant le carrelage, des bises qui claquent quand les gens se retrouvent, plats du jour récités comme la poésie culinaire, puis des couverts qui s’entrechoquent, du brouhaha qui monte progressivement midi approchant, des sonneries de téléphone portable suivies du remplaçant d’allo, des commandes scandées à la cuisine par les serveurs, de la machine à café qui crache sa caféine puis des gens qui commencent à partir, du calme qui revient, du silence qui cherche à se faire une place sans jamais y arriver véritablement… Il y a toujours une porte qui s’ouvre, une caisse qui se ferme, des « au revoir », « bon appétit ! » lancés à la volée, il y a toujours quelque chose. Cela ne s’arrête jamais. La vie d’un café fait penser à un électrocardiogramme sur lequel un médecin détecterait les symptômes d’une arythmie néanmoins régulière, avec une crise de tachycardie par là – à l’heure du déjeuner, épuisante, saoulante, lessivante -, et une de bradycardie par ci – juste après cette heure où on ne distingue plus les mots car tout se fond dans un magma verbal, porcelaine et métallique. Chaque jour, c’est le même scénario, où qu’elle aille. C’est ce rythme-là, cette chronicité qu’elle vient chercher, cette certitude que, même si les clients sont pour la plupart différents – chaque troquet a ses piliers -, rien ne viendra altérer cette succession d’actions, d’allers et venues, de bruits, d’échanges, et parfois, il est bien reposant de savoir exactement de quoi demain sera fait…

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Bien, après cette trêve verbale, reprenons le chemin tracé par les mots… A l’étranger, ce sur quoi nous nous arrêtons en premier sont les différences flagrantes avec nos propres us et coutumes. Manger dehors comme on dit, au restaurant donc, fait ainsi partie de ces premiers moments révélateurs des tendances locales… Laissons-nous donc aller à un petit compar-hâtif France/USA-Canada/Japon et asseyons-nous à une table d’un restaurant « classique », c’est-à-dire ni trop bon marché, ni trop cher, extrêmes qui pourraient avoir une incidence sur l’attitude des serveurs(euses). Car c’est de celle-ci dont il va s’agir à partir de maintenant. Lorsqu’un Français s’installe à une table nord-américaine, il ne peut être qu’heureusement étonné de la gentillesse avec laquelle on s’occupe de lui. Etonné car il a généralement des a priori négatifs sur les A-mé-ri-cains. Que celui-ci soit en mesure de s’étonner laisse aussi supposer que, chez lui, cela ne se passe pas exactement comme ça… Là où le (la) serveur(euse) nord-américain(e) vient lui demander toutes les 7’32 » si tout se passe bien (sans envisager pour autant qu’il puisse lui répondre négativement), ou lui remplir son verre d’eau glacée dès qu’il a bu une gorgée (un principe de base : toujours avoir la coupe pleine), le français (parisien pour ne pas faire trop de généralités) mettra un certain temps à l’accueillir sur le pas de la porte, puis à lui apporter le menu… Il faudra savoir capter son regard malgré ses œillères naturelles et le regarder plusieurs fois de façon insistante pour qu’il vienne lui prendre sa commande. Parfois, il se trompera dans l’attribution des plats à la tablée et il oubliera certainement d’apporter une nouvelle carafe d’eau même après la troisième sollicitation… Pour justifier cette approche un peu rustre, l’on se dira que le service – fixe – est compris dans le prix en hexagone. Ce qui n’est pas le cas outre-atlantique où, selon le service rendu, le client peut laisser entre 10 et 25% de la note au serveur (ou serveuse, mais vous avez compris). Somme qui constitue par ailleurs la majeure partie de leur salaire. Autant dire que la gentillesse et la prévenance – même si elles sont très agréables – ne sont ni gratuites ni désintéressés. D’où, parfois, le sentiment d’une certaine fausseté ou hypocrisie face à tant de sollicitude. Dernière remarque – vous savez bien, cette façon de réussir à tout critiquer et à se méfier de tout – typiquement française à mon sens donc, à prendre avec des pincettes.

Changement de continent. Changement de mœurs. D’abord, quand vous vous approchez d’un restaurant japonais – pas celui qui fait des brochettes à côté de votre ciné préféré, un vrai restaurant japonais au Japon – on vous remercie une première fois tout en vous souhaitant la bienvenue. En chœur, ça sonne mieux. Pour l’entrée discrète, c’est raté. Ensuite, on vous remercie d’avoir attendu à peine deux minutes que l’on vous place, puis à nouveau lorsque l’on vous donne ces serviettes chaudes et humides pour enlever toutes ces petites bactéries et microbes qui ont colonisé vos mains depuis la dernière fois où vous les avez plongées sous l’eau… Courbette comprise, on vous remercie ensuite quand on vous donne le menu, et quand on vous prend la commande, et quand on vous rapporte vos plats, et quand on vous amène du thé… Evidemment, lorsque vous vous levez pour aller payer, ceux qui ne vous ont pas servis, vous remercient aussi. Ainsi que la personne à qui vous réglez l’addition, qui est parfois celle qui vous raccompagne à la porte, vous l’ouvre et vous lance, à tue-tête et avec un enthousiasme sincère qui donnerait 30 minutes d’énergie pure à tout neurasthénique : arigato gozaimashita !

Vous imaginez un garçon de café parisien ou une serveuse vous ouvrir la porte et vous lancer « Merci beaucoup d’être venu ! » ? Tout le monde se retournerait, se disant, au mieux qu’il en fait un peu trop, au pire, qu’il est probablement un peu simplet et que c’est une bonne action qu’a faite le gérant en l’embauchant… Enfin, on n’y croirait pas une seconde ! Ce qui est bien dommage… La question que je lis sur toutes les lèvres que je ne vois pas à travers cet écran ? Et le service alors, compris ou pas ? Et bien, rien, nichts, nada, zéro. Non seulement le service est compris dans la note, pas majorée pour autant, mais en plus, on ne doit pas laisser de pourboire au Japon, même au sens où nous l’entendons en France. On vous sert avec déférence et respect car c’est ainsi que cela se passe et pas autrement. C’est étonnant et aussi intimidant il faut l’avouer… Que faire, en effet, de tous ces remerciements ? Cette extrême politesse cache forcément quelque chose, non ?

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Prenez un quartier désaffecté, abandonné, malfamé, dangereux, oublié, livré à lui-même, en résumé, une petite jungle underground à la surface de la ville où personne n’ose aller volontairement sauf ceux qui y vivent et qui aimeraient probablement en partir s’ils le pouvaient. Conséquence de cette micro fiche d’identité qu’aucune agence immobilière ne mettrait en vitrine : s’y installer ne coûte rien. Ou si peu. Un argument de taille pour une population qui n’a peur de rien, et surtout, pas toujours le choix : les artistes. Les inconnus. Ceux en devenir, en quête de reconnaissance, ou de connaissance tout court. Voilà donc qu’en débarquent quelques uns, sans le sou, en quête d’espace et de liberté dans ces maisons aux vitres cassées ou ces immeubles chancelants. Ils créent en vivotant, se constituent en petits groupes… Le mot circule, et bientôt, d’autres artistes arrivent et s’installent dans ces lieux désertés par tout être sensé. Le temps passe et cette nouvelle population avant-gardiste, cool, visionnaire fait naître de nouveaux besoins : des bars, des cafés, des lieux où se retrouver… Alors, des bars, des cafés, des lieux où se retrouver sortent des décombres et viennent ressusciter des rez-de-chaussée murés… Les artistes s’y retrouvent, mais aussi leurs amis habitant d’autres quartiers et bravant héroïquement le danger…

Puis, les artistes produisant – de l’art -, un autre besoin émerge : celui de montrer ce qu’ils font. Des galeries, des théâtres, des espaces communautaires sortent de terre, avec leur cortège de restaurants, cafés et autres. On en parle dans la presse. Petit à petit, l’extérieur se déplace vers ce nouvel intérieur, ce nouveau quartier branché. Branché car en mouvement, dynamique, créatif. L’antre reprend des couleurs, du bleu, du rouge, du jaune, du vert et aussi celle de l’argent. Les vitres brisées sont remplacées, les portes sont repeintes, les murs sont ravalés, le quartier fait peau neuve. Peu à peu, les artistes ne sont plus les seuls à l’adopter. De nouveaux commerces ouvrent pour satisfaire ces nouveaux arrivants, la circulation reprend, l’obscurité ne fait plus peur. Des promoteurs immobiliers sentent le vent tourner, font des plans sur la comète… Et les comètes, ça fait toujours rêver. Quel qu’en soit le prix. En quelques années, grâce aux artistes pionniers, ce qui était un rebut de la ville s’est transformé en quartier bien plus qu’honorable. Un quartier où il fait bon vivre, légèrement bobo. C’est ainsi que Brooklyn ou SoHo à New York ont gagné leur chic actuel (et leurs prix bientôt inabordables), c’est ainsi que le quartier d’Alberta Street à Portland a totalement changé de visage en 5 ans. Il m’est d’avis qu’une prime devrait être reversée aux artistes pour leur rôle indéniable dans la réhabilitation de ces lieux. Evidemment, l’histoire ne dit pas vraiment ce qui est arrivé à leurs anciens locataires. Certains ont réussi à rester, ravivés par la nouvelle flamme animant les alentours, d’autres ont dû partir, poussés par la nouvelle pression immobilière… La place reste encore accessible, même pour des artistes…

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Déambulation aléatoire dans les rues étroites et pentues de La Valette à me diriger selon ce qu’offre l’une ou l’autre au regard. Je choisis de suivre celle qui attise ma curiosité. Une pluie légère se met à tomber. Il faisait beau en partant. Je ne suis pas équipée… Mais le timing est parfait, il est grand temps de se poser pour manger un morceau, comme on dit. J’opte pour une terrasse près d’une artère semi-piétonne. Pour voir la vi(ll)e défiler. M’installe à une petite table ronde à la position stratégique. La serveuse m’apporte rapidement la carte. Je commande aussi vite. Pasta. Et un café au lait. En même temps. Cette simultanéité est très importante. A posteriori, le mélange est tout simplement un non sens. Sur le moment, il est totalement indigeste. Et pourtant, deux jours plus tard, non vaccinée, je me laisse tenter par un sandwich que j’arrose d’un nouveau café au lait. Je ne suis pourtant pas en train de faire une expérience scientifique sur la résistance de mon estomac à la bêtise. Je suis en vacances. C’est exactement là que se situe le cœur du problème. J’ai pu le vérifier, les vacances conduisent parfois à adopter des régimes alimentaires et comportements culinaires que nous n’oserions pas avoir en d’autres circonstances, car en ces circonstances normales, nous savons pertinemment qu’ils sont aberrants ! Mais bon, en vacances, c’est comme le mardi à une époque, tout est permis !

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