Photo-graphies et un peu plus…

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Au cours de la même minute, j’ai pris deux photos de cette petite fille devant ce bassin surréaliste. En réalisant la première, je ne savais évidemment pas qu’une seconde arriverait – celle-ci en l’occurrence – et surtout pas, qu’en un laps de temps aussi court, elle passerait d’un extrême à l’autre du spectre émotionnel. Car si, ici, elle semble totalement désespérée, a minima très très triste, supportant difficilement – et on la comprend – le poids de l’océan sur ses frêles épaules, 32 secondes auparavant, elle virevoltait sourire au visage tel un étourneau en pleine murmuration…

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Oui

… oui, la ville a été reconstruite.

Hiroshima.

Je dis cela simplement, mais c’est sans doute la question que l’on m’a le plus posé suite à mon séjour en août dernier dans cette ville marquée par l’Histoire. Il m’est même arrivé d’y répondre avant que l’on ne me pose la question tant elle se lisait sur les visages. J’avoue avoir été stupéfaite que l’on puisse penser qu’une ville soit restée pétrifiée voire fossilisée dans son drame majuscule depuis 74 ans. Qu’il est étrange, ce rapport que nous entretenons avec cette mémoire collective lointaine dans l’espace et distante dans le temps… Comme si, vu d’ici, le temps s’était arrêté avec nos leçons d’histoire de la deuxième guerre mondiale apprises au collège. Comme si notre imaginaire d’alors ne pouvait dépasser les photographies d’archive que l’on nous avait montrées, de ville rasée, en flammes ; de corps en lambeaux, mutilés ; de néant insondable, insurmontable…

Je les aime, manifestement, ces villes meurtries et ravagées hier, ces villes données pour mortes et pourtant bel et bien vivantes aujourd’hui, ces cités d’illusions, complexes, insaisissables et magnétiques… Là, spontanément et sans, évidemment, être tentée par la comparaison, je repense à Detroit où je mettais les pieds il y a 5 ans, deux ou trois semaines après que la dernière banqueroute soit prononcée. Dans les deux cas, aller voir, aller au-delà des idées préconçues, capter l’étincelle ou la banalité derrière l’obscurité latente ou le passif extrême. La vie qui résiste. Bien plus que cela en fait. La vie.

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Je retrace cette rencontre physique avec Hiroshima dans mon livret « Je n’ai rien vu à Hiroshima » dont je partage une version numérique dans la foulée de mes deux récentes expositions où certains ont eu l’occasion de le découvrir en papier et en colle. Ce livret est édité en 50 exemplaires (format A5, 60 pages, 12 euros). N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez l’avoir dans votre bibliothèque pour prolonger le plaisir que j’espère vous aurez en le découvrant ici…

 

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La petite sirène

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La sobriété...

… n’empêche pas de voir tout en double.

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Esprit vagabond

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La petite fille en rose

… est entrée dans le cadre, et tout d’un coup, l’image a pris forme voire même un sens qui dépasse a priori allègrement ma pensée. Comme si l’homme, symbolisé ici par cette ombre travestie façon cubiste par les marches de l’escalier, était une menace pour l’enfant, avançant avec une insouciance certaine et légitime entre de hautes colonnes de pierre immaculée lui indiquant le chemin à suivre pour en sortir, ou peut-être même s’en sortir. Je ne le crois pas. Et pourtant, c’est bien moi qui me suis postée à côté de cette sculpture d’Adonis aux contours pourtant parfaits, et c’est également moi qui ai attendu une entrée fracassante dans le champ pour déclencher. En quelques minutes, séduite par le graphisme prometteur de la scène ainsi que la confrontation 2D/3D, j’en ai en effet oublié que l’ombre était, dans la culture occidentale, avant tout porteuse des angoisses humaines et reflet de l’inconnu. Mon inconscient aurait-il à nouveau pris possession de ma boîte à images ?

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category: Actus
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Bon vent

Sur un autre continent, en des temps pas si lointains, dans un autre monde, où le temps s’écoule normalement, c’est-à-dire, à un rythme en phase avec celui de la nature, une jeune fille sème au vent ce qu’elle a récolté, et je me prends soudainement à rêver d’être une de ces poussières libérées dans l’espoir d’être emportée par le foehn vers de nouveaux horizons…

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TOCPM

Il s’agit là d’un trouble obsessionnel compulsif adopté partout partout, car où que vous alliez dans le monde, vous tomberez forcément oeil à oeil avec des gens désireux d’emporter un portrait d’eux, certes devant un monument, un paysage, une statue, un chien, un glacier, une péniche, un lac, un pont, un accident, un arbre, mais surtout en sautant. Le plus haut possible. Et de préférence, en accompagnant cette élévation spontanée – qui, soit dit en passant, se solde chaque année par 23 941 entorses aux chevilles liées à une mauvaise réception sur des sols pas toujours plans – par un ample mouvement des bras. Genre : je suis extrêmement heureux-se d’être ici ! La preuve : je saute de joie ! Il est bien loin le temps où les terriens posaient extrêmement sérieusement – sûrement un peu trop – dans leurs plus beaux habits dans l’intimité feutrée du studio du photographe de famille !

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Jeux d'enfants

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Les baigneuses

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