Photo-graphies et un peu plus…
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Simplement

En avez-vous souvent rencontré, vous, des sols qui se disent heureux des quatre côtés ? Et bien, moi, oui ! Je ne sais plus exactement ce à quoi je pensais ni dans quel état d’esprit j’étais à ce moment-là, mais lorsque mes yeux ont aperçu ces 5 lettres, j’ai naturellement esquissé un sourire et me suis instantanément sentie plus légère. Il paraît que dire à une personne qu’on la trouve belle produit exactement le même effet. Son visage s’illumine encore plus… Il n’y a donc là aucune trahison des mots comme il peut, à en croire Magritte, en exister une pour les images… Plus qu’une plaque annonçant son bonheur, Ceci est du bonheur ! Et je suis d’autant plus touchée que c’est le sol d’Hiroshima qui le sème ainsi à tout vent…

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Cette photographie figure dans mon livret Je n’ai rien vu à Hiroshima que j’ai présenté à l’édition 2018 de Photo Doc., la foire de la photographie documentaire, qui se tenait ces derniers jours à Paris et à laquelle je participais avec mon collectif Les 4 Saisons. Ce mot capté en août 2017 reflète parfaitement l’état dans lequel je suis aujourd’hui à l’issue de trois jours de rencontres, d’échanges et de moments délicieux.

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Oui

… oui, la ville a été reconstruite.

Hiroshima.

Je dis cela simplement, mais c’est sans doute la question que l’on m’a le plus posé suite à mon séjour en août dernier dans cette ville marquée par l’Histoire. Il m’est même arrivé d’y répondre avant que l’on ne me pose la question tant elle se lisait sur les visages. J’avoue avoir été stupéfaite que l’on puisse penser qu’une ville soit restée pétrifiée voire fossilisée dans son drame majuscule depuis 74 ans. Qu’il est étrange, ce rapport que nous entretenons avec cette mémoire collective lointaine dans l’espace et distante dans le temps… Comme si, vu d’ici, le temps s’était arrêté avec nos leçons d’histoire de la deuxième guerre mondiale apprises au collège. Comme si notre imaginaire d’alors ne pouvait dépasser les photographies d’archive que l’on nous avait montrées, de ville rasée, en flammes ; de corps en lambeaux, mutilés ; de néant insondable, insurmontable…

Je les aime, manifestement, ces villes meurtries et ravagées hier, ces villes données pour mortes et pourtant bel et bien vivantes aujourd’hui, ces cités d’illusions, complexes, insaisissables et magnétiques… Là, spontanément et sans, évidemment, être tentée par la comparaison, je repense à Detroit où je mettais les pieds il y a 5 ans, deux ou trois semaines après que la dernière banqueroute soit prononcée. Dans les deux cas, aller voir, aller au-delà des idées préconçues, capter l’étincelle ou la banalité derrière l’obscurité latente ou le passif extrême. La vie qui résiste. Bien plus que cela en fait. La vie.

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Je retrace cette rencontre physique avec Hiroshima dans mon livret « Je n’ai rien vu à Hiroshima » dont je partage une version numérique dans la foulée de mes deux récentes expositions où certains ont eu l’occasion de le découvrir en papier et en colle. Ce livret est édité en 50 exemplaires (format A5, 60 pages, 12 euros). N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez l’avoir dans votre bibliothèque pour prolonger le plaisir que j’espère vous aurez en le découvrant ici…

 

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« Je n’ai rien vu à Hiroshima » est le 4e livret réalisé en 2017 dans le cadre de notre projet éditorial avec mon collectif Les 4 Saisons.

Certains ont eu l’occasion de le feuilleter, et même de repartir avec, lors de mes deux récentes expositions. Pour les autres, j’en partage ici une version numérique. Cette rencontre avec cette ville est la suite d’une histoire initiée il y a 10 ans que j’évoque dans le texte, qui occupe de fait une place aussi importante qu’inévitable.

Ce livret, comme les 15 autres de notre projet (4 chacune, 1 par saison), a été édité en 50 exemplaires (format A5, 60 pages, 12 euros). N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez l’avoir dans votre bibliothèque pour prolonger le plaisir que j’espère vous aurez en le découvrant ici…

Dans la même catégorie, « Hong Kong Vertigo » et « Les Retrouvailles » sont aussi disponibles (« Dans la brume électrique » est épuisé).

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Se promener dans certaines rues de Lisbonne, en particulier son labyrinthesque quartier historique, l’Alfama, suppose de ne pas être trop claustrophobe… Y habiter a fortiori. Car, entre ces deux immeubles – oui, oui, les deux  là, en bas de l’image -, se faufile bel et bien une venelle. Un « beco », on dit là-bas. On doit aussi s’y faire des bisous, mais il ne s’agit pas du même. Les deux bâtisses ont beau tenter de s’éloigner légèrement l’une de l’autre au bout de quelques mètres, où que l’on soit, il suffit d’écarter les bras pour en toucher les deux côtés ! Cela a un certain charme…

Evidemment, cela a aussi ses inconvénients : un manque évident de lumière, une potentielle promiscuité avec le voisin d’en face, que dis-je ?, d’à côté, une impossibilité de passer avec les poussettes modernes, en voiture n’en parlons pas (ce qui est un avantage)… Imaginez un déménagement dans un de ces Beco. Tout doit arriver en pièces détachées. Après le labyrinthe, le jeu de Légo au beau milieu de l’appartement. Mieux vaut ne pas s’être équipé chez les Suédois : ça se démonte, mais ça ne se remonte plus !

C’est comme certaines montres… L’autre jour, en face de moi, dans le train, une dame avait une montre bijou. Une grande première pour mes yeux ! J’ai donc vérifié à plusieurs reprises. L’idée d’avoir un bijou représentant une montre à l’heure figée à 10h10’24 » me paraissant en effet légèrement étrange… Rien à voir avec la tour de l’horloge bloquée à 8h15 un certain 6 août 1945 à Hiroshima ! Pour quelle(s) raison(s) pourrait-on vouloir porter une montre dont la mission n’est pas de donner l’heure mais de faire croire qu’elle la donne ? Le temps est décidément bien blagueur. Et voilà, je parle, je parle, et je suis perdue dans un de ces fichus Becos !

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