Photo-graphies et un peu plus…

PEROU - VOYAGE - ETATS D'AME SUR LE MACADAM # LIMA EN COULEURS

Il y a quelques semaines, je partageais la recette de l’organisation que l’on m’avait généreusement transmise dans La règle des 4. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, de l’air est passé par Vierzon, de la terre a été déplacée par camions, du feu s’est propagé avec passion. Et voilà que six nouvelles lois ont fait leur apparition, se sont immiscées dans l’équation, ruinant presque nos belles intentions… Mais, comme nous le disions au 17e siècle, un bon averti en vaut deux !

Alors, fringantes mesdames et pimpants messieurs, sachez, avant de vous lancer une nouvelle mission , que :

- il est mieux de « prioriser les tâches les plus difficiles en début de journée pour optimiser son énergie » (c’est la Loi de Laborit). Corollaire immédiat : cela met tout de suite les oiseaux de nuit sur la touche à moins de pouvoir redéfinir la notion de « début de journée »…

- « une tâche effectuée en continu prend moins de temps qu’une tâche réalisée en plusieurs fois » (c’est la Loi de Carlson). Corollaire immédiat : éviter de réagir instantanément à toutes les notifications, limiter la procrastination, fermer sa porte, ne pas lancer de lessive…

- « toute tâche prend plus de temps qu’on ne l’avait prévu » (c’est la loi de Murphy, qui, pour moi, était plutôt celle dite, grossièrement, de « l’emmerdement maximum », c’est-à-dire que si quelque chose commence à mal tourner, alors cela va continuer dans ce sens). Celle-ci se présente à la fois comme une conséquence logique de la Loi de Carlson non respectée mais aussi comme une preuve manifeste de notre optimisme ou, selon que vous voyez le verre à moitié vide ou moitié plein, de notre incapacité à définir correctement les différentes étapes composant la tâche en question…

- « plus on a de temps pour réaliser une tâche, plus cette tâche prend du temps » (c’est la loi de Parkinson, que je vais essayer de ne pas oublier). Là aussi, cela semble assez logique puisque si nous avons le temps, nous nous autorisons à nouveau à ne pas respecter cette incontournable Loi de Carlson… Sachant par ailleurs que, selon la loi de Murphy, toute tâche prend plus de temps qu’on ne l’avait prévu, avoir du temps pour réaliser une tâche n’est vraiment pas un cadeau que l’on nous fait…

- « passé un certain temps sur une tâche, notre efficacité diminue et devient même négative » (c’est la loi d’Illitch). Ce qui fait passer encore plus de temps sur ladite tâche car il faut malgré tout aller au bout, alors même déjà que toute tâche prend plus de temps qu’on ne l’avait prévu… On ne tournerait pas un peu en rond là ?

et enfin, la dernière :

- « 80% des résultats sont produits par 20% du travail effectué » (et c’est la loi de Pareto) : compte tenu de tout le temps imprévu finalement perdu lorsque l’on s’attèle à une tâche, cela n’est pas vraiment étonnant… Malheureusement, il y a de fortes chances que ces 20% soient complètement dilués dans tout le reste et, de fait, pas du tout consécutifs, ce qui aurait permis de s’arrêter là et de gagner en efficacité mais bon, l’histoire de l’humanité en a décidé autrement. Cette dernière règle me fait d’ailleurs penser au « Vase de Confucius » dont j’ai entendu parler pour la première et unique fois au Vietnam il y a 3 ans. Le principe : un trou dans le récipient fait qu’il se vide dès qu’on essaye de le remplir à plus de 80% car nous n’avons pas réellement besoin de ces 20 derniers % pour être comblés et heureux… Voilà qui est sain !

Moralité, il faut vraiment être motivé voire un brin inconscient pour s’atteler à une tâche sachant tout cela. Deux options s’offrent à nous : vivre dans l’ignorance ou aller tout de suite à la plage !

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Flash-back !

- J’ai entendu parler de toi et de ta bande de p’tits copains ! Vous faites pas mal de bruit déjà, mais ça pourrait aller plus loin !

- Qu’est-ce que vous voulez dire, par là ?*

Je veux simplement dire que je ne suis pas arrivée, comme ça, là, par hasard, face à cette boule d’étourneaux tournoyant dans un ciel prêt à se coucher, comme eux d’ailleurs. Tout a commencé trois quart d’heures auparavant, grosso modo. Peut-être un peu moins, peut-être un peu plus. Je longeais les rives de l’Arno à Pise quand tout à coup, ils sont apparus au dessus de la ville. Des centaines de petits points noirs provenant d’un peu partout, comme si le directeur avait sonné la fin de la récréation et rappelait ses ouailles au bercail.

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Je pense instantanément « murmuration ». Dans le même temps, un large sourire vient zébrer mon visage. Je ne le vois pas évidemment, mais je le sens, sur mes joues, sur mes yeux, partout. Des murmurations, je n’en ai vu que des bouts en roulant sans pouvoir m’arrêter, ou en vidéo, en entier, sur Vimeo, YouTube ou DailyMotion. Et malgré tout, j’en frissonnais systématiquement. Cela me fait le même effet avec les bancs de poissons, sous l’eau donc.

Ces étourneaux, ou ces poissons, sont-ils conscients de la beauté fascinante et absolument envoûtante de la subtile chorégraphie qu’ils nous offrent (au-delà de toutes les questions pratiques que nous pouvons nous poser et qui gâchent un peu la magie : comment communiquent-ils, comment font-ils pour ne pas se heurter, qui décident de la forme à adopter… ?) ? Bref. Face à ce début de murmuration, je n’ai qu’une unique option : la suivre !

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Oui, la suivre. Vous n’auriez pas fait pareil ? Bon, lorsqu’une murmuration se produit en plein champ ou au dessus d’un lac, il n’y a qu’à se planter au milieu et admirer… En ville, avec des ponts à traverser (le ballet a commencé sur l’autre rive), des rues étroites et un champ de vision réduit, des angles droits, des feux rouges et de la circulation, la traque pacifique s’avère un peu plus complexe, d’autant qu’un oiseau vole plus vite qu’un humain ne marche… Me voilà donc les yeux rivés au ciel déambulant ou plutôt courant dans les rues de Pise en veillant à ne pas trébucher sur un pavé quelconque ni à perdre de vue l’escadron qui, manifestement, file vers un endroit très précis et qui, au fur et à mesure qu’il s’en approche, est rejoint par des retardataires…

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Dernier virage, je sens que j’arrive au point de rassemblement. En pleine ville. La lumière diminue vite (sous-texte : pardonnez les réglages approximatifs de l’appareil : difficile d’être totalement opérationnelle dans de telles circonstances !). Je sais maintenant que je suis au milieu du champ, ou du lac, et que je n’ai plus qu’à admirer…

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Le ciel est totalement tacheté par ces milliers d’oiseaux dont le vol est de moins en moins anarchique. Ils ont beau être assez hauts, j’entends le bruissement de leurs ailes démultipliées lorsqu’ils passent au dessus de ma tête, ou virent subitement de bord comme si une, ou plutôt des milliers, de mouches les avaient piqués. Je les vois se mettre en boule dense, prendre des formes étranges – un poisson, vraiment ? -, fusionner par petits groupes pour mieux se séparer quelques instants plus tard ou constituer de gros amas nuageux… En boucle pendant plusieurs minutes.

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Et puis, à les observer faire des ronds dans le ciel dans un sens puis dans l’autre, à monter puis descendre comme s’ils enchaînaient des tours du pire manège de montagne russe qui soit – invisible je précise -, je comprends. Je comprends que ce qu’ils convoitent, en bons troubadours du ciel, n’est autre qu’un toit. En l’occurrence un arbre. Ou deux. Ou trois. En tout cas, des branches sur lesquelles se poser pour la nuit…

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Et aussi rapidement qu’ils sont apparus, ils disparaissent dans leur nid géant qui les gobe en frétillant et en gonflant le torse. Bientôt, un silence léger enveloppe l’atmosphère, à peine rompu par quelques soubresauts de l’arbre. J’attends que toutes les traces de cet extraordinaire spectacle disparaissent pour m’éclipser définitivement et continuer à rêver en murmurant à l’air qui m’entoure que je suis une sacrée chanceuse…

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