Photo-graphies et un peu plus…

« Vous avez acheté là ou vous aimez les briques ? » me demande un monsieur en me voyant affairée autour de cet amas de terre rouge cerclée depuis quelques minutes. Je souris. « J’aime les briques, c’est ça ! ». « Ah ! » rétorque-t-il tout en continuant de marcher. Certes, même si elle était proposée (peut-être ironiquement), cette réponse n’était visiblement pas celle qu’il attendait. En même temps, photographier des briques parce que l’on aime leur forme, leur couleur, leur texture, leur assemblage et tout le potentiel qu’elles couvent en elles, me semble bien moins étrange que photographier des briques qui vont potentiellement constituer les murs de son futur appartement. Comme un inspecteur des travaux pas finis en quête d’un vice de forme. Genre : « il est hors de question que cette brique fasse partie de ma cuisine ! » Mais, j’avoue, je n’en suis pas à ma première tentative avec les briques. Je crois même que quelque chose est en train de se construire entre nous…

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38°12’42 » N 119°00’46 » O. Ou, plus rapidement, Bodie. Une ville sans vie. Sans corps donc, hormis ceux des visiteurs du temps. Une ville fantôme, érigée à l’heure de la ruée vers l’or et que l’on découvre, un peu perdue, à flancs de collines californiennes. Naissance au milieu du 19ème siècle, quelque chose comme ça. Au plus fort de la ruée, 10 000 âmes vivaient à Bodie. Une vraie mégapole pour l’époque ! Un coupe-gorge aussi, paraît-il… Aujourd’hui, il ne reste pas grand chose de cette cité de western. Deux incendies sont passés par là, dont un fatal dans les années 30, qui marque le départ définitif des derniers habitants.

Aujourd’hui, la vie s’y est presque totalement arrêtée. Seules les herbes folles poussent encore autour des rares bâtisses rescapées religieusement protégées par une équipe de rangers… Des générations de particules de poussière viennent finir leur vie sur les tables en bois, les verres au bord épais, les rocking-chair rognés par la vermine, les matelas déchiquetés, les conserves gonflées, la station service rouillée… On se promène entre les maisons jouant  aux équilibristes en tentant d’imaginer l’agitation d’alors… La diligence arrivant tranquillement devant l’un des 75 saloons de la ville ; le shérif posé sur sa chaise, les santiags reposant sur la balustrade de sa cahute, et regardant les uns et les autres passer ; les chercheurs d’or au visage buriné arrivant là dans l’espoir d’en trouver, de l’or ; puis l’arrivée de la première traction achetée par le magnat de la cité (il y en a toujours un)… Vestiges du passé. De l’histoire même. A la place, une petite croix indiquant, comme une épitaphe, ce qui devait être une grosse artère, Union Street.

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… ma bonne dame ! 26 août et le vert des arbres se mue en un camaïeu d’orange… D’autres arbres sont déjà à l’étape de l’indécent effeuillage. Au sol se joue la symphonie des feuilles desséchées et craquant sous les pieds. On dirait qu’on marche sur des gâteaux secs. Réminiscence d’un bon Indiana Jones, les gâteaux secs étant, dans ce cas précis, des insectes. Les insectes, parlons-en ! Cela pourrait être le titre d’une manifestation nationale du Syndicat national des fabricants d’insectes, qui, évidemment, se tiendrait, dans plusieurs villes de France, à l’automne.

Sinon, aucun lien avec l’image… Qui, de toute manière, n’en a pas vraiment avec le propos puisque cette photographie a réellement été prise à la fin de l’automne. Donc, dans le passé, l’automne 2010 n’ayant pas encore débuté. Enfin, si l’on se réfère (et encore pour quelques siècles je pense malgré le dérèglement manifeste des saisons) aux équinoxes, car dans les faits, comme je le relevais précédemment, si. Bref. On fait dire ce que l’on veut aux images. C’est à la fois une richesse et la porte ouverte à toutes les manipulations. Reste que cette construction iconographique est à nouveau un de ces plans génériques qui hantent régulièrement mon inconscient… Ce qui n’a pas forcément de rapport avec le reste, sauf si l’on admet que cette prise de vue étant inconsciente, son choix pour ce duo l’est tout autant…

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Après les fenêtres, les portes… Donc, la porte gauche vue indépendamment de la porte droite semble tout à fait normale, en tout cas, par sa taille, bien que de très belle facture et manifestement l’œuvre d’un artiste inspiré… L’image de droite replace légèrement, grâce à la présence opportune des deux jeunes filles en jean, les portes dans leur contexte réel : ces portes sont géantes ! 6, 7 mètres au moins ! Mais, en extrapolant la hauteur de la marche entre le trottoir et le seuil de la porte sur l’image de droite – 60, 70 cm au bas mot-, je suis prise d’un doute quant à leur usage en tant que porte…

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Il s’est passé plusieurs jours entre ma première rencontre avec ces êtres étranges et la deuxième, survenue de façon tout aussi inattendue que la précédente. Evidemment, j’en ai passé autant à faire des recherches sur ces petites têtes. Nada. Cette deuxième rencontre survenant à nouveau de nuit, j’en déduis qu’elles sont plutôt nocturnes. Pour le moment, c’est la seule hypothèse que je suis en mesure de formuler. J’ai bien essayé de leur parler. Mais après leur ricanement, elles n’ont plus émis aucun son. Elles sont restées comme figées. Et lorsque j’ai voulu en attraper une, ma main s’est arrêtée à quelques centimètres de hauteur. « Quelque chose » m’empêchait d’aller plus loin. Je m’y suis reprise à plusieurs fois avec le même résultat. J’ai donc pris quelques photos et suis partie, ne sachant si je les reverrai un jour.

J’ai donc été heureusement surprise de les revoir. Cette deuxième rencontre n’a pas eu lieu à la plage mais en plein cœur de la ville, à des centaines de kilomètres de là. J’en ai d’ailleurs reconnu une. Celle avec le sourire amical… Enfin, c’est ainsi que je l’interprète, mais je peux me tromper. Elles étaient moins nombreuses cette fois-ci ; les autres étaient peut-être cachées ceci-dit. Et à nouveau, aucun échange si ce n’est de regards. Interrogateur et incrédule pour ma part. De leur côté, elles avaient l’air de savoir exactement ce qu’elles faisaient. Après quelques minutes de communication unilatérale, je suis repartie, légèrement agacée. A quoi sert de rencontrer l’étrangeté si rien ne se passe ?

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Le summum du samedi après-midi pour certains : se poser en terrasse pour déguster un petit noir dans un vrai café parisien, regarder les gens passer sans vraiment les voir, parcourir un journal qui laissera de l’encre sur l’index, griffonner quelques lignes sur un carnet à carreaux, et puis, partir, simplement, comme si de rien était, avec le sentiment du devoir accompli.

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En ville, je ne peux pas résister à faire foncer les lignes dans les coins, à découper l’espace en zones bien distinctes, à orienter voire à faire fuir le regard, à chercher la forme détonante du panorama, à jouer du reflet et de la réflexion, à créer l’illusion… Le pont se poursuit-il vraiment dans l’immeuble à la façade de verre ?

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Toujours commencer la semaine par un brin de ciel bleu et un peu de hauteur… J’ai déjà écrit cela il y a quelques semaines, quelques mois. Rien de tel, pour ce faire, qu’un petit détour par la grande pomme aux lignes acérées. Un cliché parmi tant d’autres sur cette ville magnétique. Les taxis jaunes, ces puzzles sur le bitume et surtout le fringuant Flat Iron Building.

La première fois que je suis allée à New York, il était entouré d’un filet de dentelle. Ravalement. Pour se faire une beauté. Une frustration quand on ne sait si on aura la chance de revenir ou pas. La nuit venue, depuis le sommet de l’Empire State Building, ce monument d’architecture se démarque comme peu d’autres dans le magma lumineux que devient la ville. Non qu’il soit particulièrement bien éclairé, mais sa position centrale, au carrefour des 23e rue, 5e avenue et Broadway en fait un point où le trafic converge pour mieux s’en éloigner. Une toile d’araignée en quelque sorte. Arrivé à la jonction, le flot d’automobiles se décompose alors en deux artères bien rectilignes. D’en haut, des filets de lumière incessants comme un flux sanguin.

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New York, un gris jour de juin. Tout en l’air. Se tordre le cou, se plier les lombaires. Inéluctable. Lignes déjouées, perspectives bousculées. Le bas touche le haut, qui se laisse difficilement apprivoiser. Plusieurs minutes pour caler la rencontre. Contact réussi. Déclenchement activé. Extrapolation : La création d’Adam… Michel-Ange et sa chapelle Sixtine. Ici, à ciel ouvert. Mais, qui est le grand architecte ?

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Cela aurait aussi pu s’appeler : rencontre du 3e type… Car cette chenille semble tout droit sortie d’une au-tre ga-la-xie. Evidemment, j’ai grandi en ville, au cœur du béton et du macadam, je m’émerveille donc facilement devant un bout de nature (oh, une fleur ! ; oh, un mouton ! ; oh, une chenille !…), mais, là, c’est autre chose. La bête fait 2 cm de diamètre et 12 cm de long au moins ! Peut-être une mission secrète pour des extra-terrestres en quête d’une Terre d’accueil ?

Côté discrétion, il faudra alors rapidement leur transmettre les coordonnées d’autres petits hommes verts qui ont déjà étudié la question. Mais très sérieusement, quelle autre raison à la présence de tous ces capteurs bleus sur le dos et de ces antennes flexibles au dessus de la face ? Enfin, quand on s’en approche, de cette mâchoire empourprée, on se dit que leurs intentions ne sont pas forcément pacifiques… Et encore, nous n’en sommes qu’au premier stade ! Cette chenille, magnifique il faut l’avouer, va-t-elle réellement se transformer en papillon ? Guettons les journaux ces jours prochains, un ovni devrait bientôt être repéré dans le ciel tourangeau !

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