Photo-graphies et un peu plus…

Un hôtel à New York, à cheval sur la High Line Park, une agréable promenade aménagée longeant l’Hudson River à quelques pieds du sol. Une façade vitrée aux rideaux tirés. Un empilement de cubes identiques avec écran plat devant la fenêtre allant du sol au plafond et lit en hauteur. Chambres avec vue, dit l’annonce. D’un côté, comme de l’autre. Cela, elle ne le précise pas. Même si, d’une certaine manière, cela va de soi.

Je pense à un nouvel aquarium humain. Je suis le regard indiscret. Celui qui est d’abord attiré par le côté inhospitalier du lieu, où chaque pièce est l’exacte copie de celles qui l’encadrent. Celui qui, ensuite, remarque le gros poisson paradant dans son bocal, presque nu comme un ver. Je ne le cherche pas particulièrement. Je « tombe » dessus. Et déclenche. Unique trace d’humanité et de vie perdue dans cette masse impersonnelle. Et voilà qu’il se cherche des poux comme un chimpanzé sur une branche d’arbre ! C’est dire à quel point la seule existence d’une frontière, même translucide, peut donner l’illusion à celui qui la côtoie d’être seul et libre dans un cocon, et ainsi à partager une intimité qu’il a plutôt à cœur de préserver.

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1 comment

isabelle

mars 11th, 2011

excellent texte, c’est humoristique et bien imagé…

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