Photo-graphies et un peu plus…

Parfois, je me dis que les équipes chargées de définir les scenic point ou points de vue remarquables d’une route devraient s’offrir les services d’un photographe avant d’arrêter leur choix… Certains sont faciles, évidents, ils sautent aux yeux de tout le monde. Mais de temps en temps, quelques erreurs d’appréciation sont à relever. Les conseils d’un amateur d’image permettrait notamment d’exclure, encore que cela relève tout simplement du bon sens, tout panorama comportant un arbre en plein milieu du dit scenic point ou une végétation un peu trop abondante, venant ainsi obstruer la vue supposément époustouflante. Surtout, le photographe choisirait probablement d’autres sites. Je ne compte plus en effet le nombre de fois où, les deux mains sur le volant mais les yeux à côté de la route, je lance un : « mais c’est ici qu’il aurait fallu un scenic point ! » S’en suivent un soupir de dépit, et, en fonction du paysage aperçu et du nombre de fois où l’on s’est déjà fait cette réflexion sur le trajet, un coup dans le rétro, une embardée maîtrisée et un arrêt sec sur le bas côté, herbe, sable, terre, bande d’arrêt d’urgence… L’appareil est prêt, attendant sagement sa sortie sur la banquette arrière, voire sur les cuisses. Il faut être prompt pour ce genre d’expédition hors des sentiers balisés. C’est un peu comme si on se créait son propre festival off des scenic point. La porte s’ouvre, on sort rapidement, on cadre, on déclenche, et on reprend les commandes après quelques secondes, ni vu ni connu. Les passagers des quelques voitures nous dépassant dans ces circonstances ont alors souvent le même réflexe : nous regarder ainsi que la scène photographiée, et dans le lot, on sait que certains se disent : « c’est vrai que c’est pas mal d’ici ! »…

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