Photo-graphies et un peu plus…

Un barrage contre le Lac Powell

L’ouvrage a beau être objectivement impressionnant avec sa falaise lisse et bétonnée de plus de 200 mètres de hauteur, il n’en fait pas moins obstruction au cours naturel de la vie, en l’occurrence du flux du fleuve Colorado, stoppé net dans son élan vers le sud depuis 1964 alors qu’il y coulait une vie paisible depuis au moins 40 millions d’années. Aussi, que l’on traverse l’étroite route reliant les deux rives ou que l’on soit à ses pieds, en contrebas, à proximité de ce toit végétalisé rafraîchissant la température à l’intérieur du bâtiment abritant les turbines de la centrale électrique, l’amateur de frissons et de films à grand spectacle – et peut-etre les autres aussi – ne se pose qu’une seule et unique question : le barrage pourrait-il se fissurer ? puis s’ouvrir ? et céder sous la pression des 63 millions de m3 d’eau résiduels de ce Lac Powell artificiel qui continue de s’appuyer avec conviction contre son épaisse paroi voûtée malgré l’intarissable gourmandise de la sécheresse ? Et si c’était le cas, jusqu’où pourrait aller, cette eau ? Enfin, pourrait-elle à nouveau rejoindre la mer de Cortez au Mexique, qu’elle n’atteint plus aujourd’hui à cause des pilleurs non partageurs en amont ? Bien évidemment, l’amateur de grands frissons est aussi pragmatique et terre à terre : ainsi aimerait-il ne pas être à proximité si un tel événement devait se produire, ni en contrebas, ni sur la mince frontière séparant le plein du vide…

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