Photo-graphies et un peu plus…

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La vie s’organise simplement ici, à Wellington. Très simplement. Beaucoup plus simplement que ce que nous pouvons lire, entendre, voir par ailleurs. Et plus particulièrement en France où nous pourrions être et d’où nous parviennent vos échos, personnels ou collectifs, privés ou publics, chaleureux, optimistes, motivés, angoissés, exaspérés ou désabusés. J’utilise le conditionnel parce que, quelque part dans ma petite tête, même si cela soulève de vertigineuses interrogations, je me dis que si nous sommes là, c’est que nous devons ou devions être là.

Comme si, dans ce chaos qui prend l’humanité de court, tout en ayant été annoncé depuis longtemps par des observateurs éclairés attachés à faire le lien entre toutes choses – actions, choix, comportements… – que d’autres ont préféré penser déconnectées pour ne pas avoir à s’interroger sur leurs conséquences, tout était déjà prévu, planifié, orchestré 3, 2, 1, c’est parti ! Par qui, par quoi, pourquoi ? Forcément, ce sont les questions qui se posent logiquement après une telle phrase. Je n’ai pas de réponse.

En revanche, je sais que j’ai passé une partie de l’année 2019 à revoir et à travailler ma propre perception des notions de hasard, de liberté, de déterminisme, d’humanité, tant à l’échelle individuelle que collective, à me familiariser avec celui que l’on appelle le « monde invisible » – une gageure pour le produit de Descartes que je suis en partie mais une évidence dès lors que l’on s’ouvre à l’existence d’autres grilles de lecture – et, si je suis honnête et cohérente avec moi-même, je dois aborder ces circonstances inédites à travers ce prisme bien plus large, qui m’échappe. Et accepter, peut-être, que si je suis là, à vivre sereinement cette situation absolument dramatique pour certains, ce n’est donc pas un hasard. Mais alors, pour quoi ? Je n’ai pas plus de réponse pour le moment.

Je me souviens aussi avoir passé une partie de l’année 2019 à répéter que tout était connecté. Je pensais alors à l’infiniment grand l’infiniment petit, le près le lointain, le passé le présent le futur, la vie la mort, les souvenirs, le réel la fiction, l’homme la nature, le visible l’invisible… Ce sentiment – loin d’être nouveau pour moi, même si je le vis plus intensément désormais – a irrigué mes dernières créations, mes dernières pensées, mes dernières errances…

Je ne pensais évidemment pas à ce virus qui nous prouve à quel point, concrètement, dans ce monde qui est le nôtre, ce que nous faisons, chacun et ensemble, peut avoir des répercussions à une échelle difficile à appréhender. Car, dans les faits, tout ce que nous traversons actuellement n’est-il pas parti d’une seule et unique personne – le fameux patient 0 ? Cela aussi, c’est absolument vertigineux !

C’est effrayant et en même temps, c’est stimulant. Car si une seule personne peut être à l’origine d’un tel bouleversement à l’échelle planétaire, à l’inverse, et selon cette même logique implacable que tout est relié, nous pouvons imaginer qu’une seule personne insufflant, au choix, l’espoir, l’optimisme, le respect, la solidarité, la bienveillance, la considération, la solidarité, l’empathie, l’amour est, elle aussi, capable de toucher des milliards de personnes… Or, il suffit de se pencher sur les news quelques minutes pour réaliser qu’il n’y a pas une personne à l’œuvre en ce moment avec cet objectif mais des centaines voire des milliers de personnes partout dans le monde. Des milliers d’êtres humains qui accueillent, qui cousent, qui offrent, qui soignent, qui chantent, qui dansent, qui partagent, qui cuisinent, qui écoutent, qui veillent, qui restent chez elles, qui accompagnent, qui aiment, qui tendent la main, le cœur et l’âme… Alors, quelque part au fond de moi, je me dis que c’est déjà gagné…

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