Photo-graphies et un peu plus…

Les gammes

Au même titre que les musiciens font les leurs – la majeure, la mineure, la chromatique, la tempérée, la décatonique, celle des physiciens et même de Pythagore pour ne citer que des occidentales, douces à nos oreilles facilement irritées par des accords de quarts de ton -, les photographes font aussi des gammes. Au sens propre, de petits exercices picturaux de proximité à répéter régulièrement et vers lesquels revenir de façon cyclique pour se forger un regard et des automatismes, pour affiner une technique et apprendre à anticiper, pour se tester et trouver sa voie, pour pratiquer et être prêt à grandir. Un peu comme les Chefs avec l’omelette – test liminaire et suprême de leur aptitude à ravir nos palais qui en ont vu d’autres avant de s’attaquer à des mets plus élaborés, sans pour autant dénigrer ladite cascade d’œufs. L’idée étant, pour le musicien, le photographe ou le Chef, une fois à l’aise avec ces basiques non moins fondamentaux, de les dépasser, voire de transgresser les règles qui les régissent  et se laisser ainsi porter par son imagination en toute quiétude. A cet égard, la photo de reflet(s) – de soi dans le miroir, des bâtiments dans les flaques, des bateaux dans l’eau, des fenêtres chez le voisin, des nénuphars dans le bassin, du soleil dans le rétro… -, dans laquelle, idéalement, on se perd à ne plus savoir ce qui est vrai ou faux, ce qui est ici ou là, se hisse dans le top 5 des gammes photographiques…

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