Photo-graphies et un peu plus…

Oui, mais laquelle ? La vie serait vraisemblablement totalement différente avec quelques centimètres de plus… Certes, d’en bas, le point de vue est tout autre, mais sans doute plus amusant… Carpe Diem !

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Fin de vacances rime souvent avec recherche de cadeaux pour ceux qui sont restés là-bas, au pays. Une petite attention, pas grand chose, juste pour montrer que vous avez pensé à eux quand vous sirotiez votre cocktail de fruits frais tout en regardant le soleil se coucher sur l’horizon ou derrière les montagnes aux sommets blanchis par les neiges éternelles…  Autant le dire tout de suite, la recherche de la petite babiole qui fera plaisir n’est pas toujours une partie de plaisir. Non que, au fond de vous, vous n’ayez pas envie de ramener de spécialités locales et que ce soit par pure convention ou politesse que vous cédiez à cette tradition (c’est aussi possible, il ne faut pas se leurrer), mais plutôt parce que le petit souvenir anodin relève souvent d’un tel kitsch que vous n’oseriez même pas vous l’offrir ! A moins d’avoir des amis très ouverts d’esprit, vous savez en effet pertinemment qu’après vos retrouvailles et la transmission du dit « oh, ce n’est pas grand chose mais bon », la première question qu’ils se poseront sera : « Mais que va-t-on faire de ce truc ? Même sur e-bay, personne n’en voudra ! ». Bon, vous me direz, à ce stade, ce n’est plus votre affaire. Et ramener l’objet le plus immonde possible pourrait même être un jeu amusant – une joie que vous seriez seul à savourer évidemment – s’il n’était d’abord stupide et inutile…

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… sauf en cuisine ! Ne vous êtes-vous jamais entendu dire à un camarade de cuisine, avec un ton presque catastrophé : « Mais, ce n’est pas comme ça que l’on coupe les tomates ! » (ou les concombres ou les pommes de terre, enfin, un aliment qui ne s’ingurgite pas entièrement !) ? Vous êtes malheureusement totalement sincère et imaginez déjà la petite salade de saison dont vous avez soigneusement choisi tous les ingrédients au marché le matin même ratée car ces fameuses tomates sont coupées de façon aléatoire et non pas en de belles rondelles ou des cubes réguliers comme vous l’auriez fait, vous, si vous vous en étiez occupé. Mais non, vous, on vous a confié le maïs… La belle affaire ! Vous êtes en effet persuadé que la façon dont on coupe une tomate, un concombre, une pomme de terre a un impact non négligeable sur son goût final. Oui, évidemment, c’est ridicule.

Mais, pour une raison totalement obscure, vous le croyez fermement. Le plus terrible est que ce genre de détail totalement insignifiant peut être prétexte à dispute. Pas une grosse, bien sûr, sauf si il y a des précédents en matière de divergences culinaires… Et là, ça passe pour une faute de goût. Ce qui est beaucoup plus grave ! Le fait est que celui qui  aime faire  la cuisine croit toujours (allez, souvent) que sa méthode est non seulement la bonne, mais aussi la meilleure. Cela explique notamment qu’après quelques tentatives de collaboration, il se retrouve seul à la faire, la cuisine (qui n’est plus un plaisir mais un examen de conduite)… Le chef étant rigide, mais pas bête, comprend, au bout de quelques mois et après avoir fait des essais de salade composée avec des ingrédients coupés de façon totalement différente de ce qu’il ferait naturellement, et constaté, avec dépit, qu’elles avaient toutes le même goût, qu’il doit revoir sa copie. Evidemment, il pense toujours que sa méthode est la meilleure, mais il se contente de lancer un : « Tiens, tu coupes tes tomates comme ça, toi ! ». « Oui ! ça te pose un problème ? » « Non, non… En rondelle ou coupé n’importe comment, au final, dans la bouche, ça a le même goût, hein ? » « Bah oui ! » « Bah oui… »

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C’est une lapalissade, mais prendre un peu de hauteur nous permet souvent de voir les choses de la vie d’une autre manière. Au sens strict, comme au figuré. D’en bas, perdus dans d’étroites ruelles au charme pittoresque, on ne réalise pas vraiment à quel point les toits strasbourgeois sont pentus et percés d’autant de lucarnes, ni comment ces immeubles réussissent à s’enchevêtrer les uns dans les autres. D’en haut, cette fois-ci, d’étranges phénomènes se dessinent et se détachent de l’horizon. Ainsi en est-il de cette procession impromptue d’une colonie de fourmis noires, les phéromones en effervescence,  bouchant quasiment cette grosse artère centrale. Quelqu’un a dû faire tomber le pot de miel !

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Changer de « maison », autrement dit, déménager, n’est pas toujours simple. Tout dépend évidemment des raisons qui sont à l’origine du départ, mais, quoiqu’il en soit, c’est s’extraire d’un endroit que l’on connaît et maîtrise, où l’on a ses marques et ses repères. Un endroit où, si l’on entend un léger couinement pourtant indéfinissable par toute personne extérieure, on sait pertinemment qu’il vient de la quatrième latte du plancher du couloir qui n’a jamais été très bien fixée, et qui a tendance à craquer la nuit venue, alors que la température ambiante diminue… Arriver dans une nouvelle maison implique de tout reprendre à zéro, de trouver de nouveaux repères, d’être à l’écoute de la personnalité du lieu pour s’en faire un allier. C’est-à-dire, une place où l’on aura plaisir à vivre et à demeurer.

C’est un peu la même chose lorsque l’on change d’appareil photo après avoir baladé le même pendant des années. D’abord, on emporte les deux appareils, l’ancien et le nouveau, tout en continuant à n’utiliser que l’ancien. Il est encore trop tôt. Puis, petit à petit, on alterne une photo avec le nouveau, une autre avec l’ancien. On se convainc que telle image s’y prête mieux. De plus, on est encore persuadé que l’ancien fait mieux… Et puis, on finit par se lancer. On laisse l’ancien au placard en lui disant que l’on ne l’oublie pas pour autant, celui-là même que l’on chérissait, que l’on connaissait par cœur et dont on pouvait prévoir toutes les réactions, pour ainsi donner l’opportunité au nouveau de se faire sa place. Il le faut. On s’appréhende, on apprend à se connaître, à se lier l’un à l’autre. Cela commence donc par la prise en main, par la façon dont on va enrouler la lanière autour de l’avant bras pour faire corps avec lui… Toujours de la même manière… Et puis, viennent les tests… Comment réagit-il quand on le met dans telle ou telle condition ? Pourquoi cet horizon n’est-il jamais droit alors qu’il semble l’être dans le viseur ? Combien de temps lui faut-il pour déclencher ? Pourquoi cette bague de mise au point manuelle ne butte pas  l’infini ? Cet apprentissage, un réel apprivoisement en réalité, prend des mois… Et parfois, après une nième mise à l’épreuve, on se dit que l’on est dans la bonne direction et que l’on s’est peut-être enfin compris…

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Une petite coquetterie… Par souci d’économie et peut-être d’esthétisme, deux ordres – l’un verbal, l’autre imagé – ont été placardés sur un même support translucide mais suffisamment moiré pour garantir l’anonymat des personnes qui se posteraient devant ou derrière. Ainsi, le visiteur discret mais prompt à respecter les règles à la lettre peut-il les croire liés. C’est bien le problème ! Et cela explique cette file d’attente de personnes un brin déboussolées devant ces énigmatiques portes : que faire face à un panneau nous intimant l’ordre de tirer sur la cigarette tout en interdisant de fumer ?

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Comment suggérer un sens de lecture lorsque l’on compose une image, que celle-ci comporte peu d’éléments ou, à l’inverse, beaucoup, comme dans cette église reimoise ? Une des réponses que je défends avec verve se traduit par un passage au coin. Peut-être des réminiscences de lointaines punitions… Mais pas le coin qui coince le regard et l’enferme dans une semi-obscurité sensée aider l’exilé à réfléchir à sa bêtise, mais celui qui révèle et offre une nouvelle perspective. Le coin lumière en quelque sorte.

L’obsession des lignes dans les coins n’est pas toujours facile à assumer car elle oblige à se contorsionner. Il faut accepter d’être ridicule, et donc, d’être regardé bizarrement. Heureusement, lorsque l’on est atteint d’obsession angulaire, on fait abstraction de tout ce qu’il y a autour. Seuls les coins comptent. Au maximum, quatre. Mais pour les lignes, cela peut vite devenir bien plus impressionnant. Et à vrai dire, plus il y en a à faire converger dans les coins de l’image, plus le défi est grand, plus le jeu, qui pourrait s’apparenter à du billard photographique, est intéressant et jouissif. Ainsi en est-il de cette église à l’architecture gothique. Point d’entrée : en bas à droite. On monte, puis on descend le long de l’arc brisé, on emprunte une première nervure qui nous conduit au coin haut droit, une autre nous fait alors redescendre dare dare dans le coin opposé. Deux solutions se présentent alors à nous, la boucle en optant pour l’enchaînement des deux arcs brisés sur la droite, ou l’aventure en se dirigeant vers la gauche pour deux nouvelles séries d’arc. Malheureusement, la route s’arrête là. Aucun moyen de rallier le coin en haut à gauche à celui de droite. Le grand architecte a gagné ! Pour cette foi(s) !

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