Il y a quelques mois, je ne me serais pas autorisée à mettre cette photo en ligne. Cette remarque est totalement indépendante du fait qu’il y a quelques mois, cette image n’existait pas. En tout cas, les éléments qui la composent. Je précise ma pensée : ces éléments existaient bel et bien, mais en dehors de mon champ de vision. De fait, ils n’existaient pas encore pour moi. Je ne me serais pas autorisée à mettre cette photo en ligne car elle est retouchée. Si, si… Je n’ai malheureusement pas été la témoin privilégiée d’une invasion de lampes échappées d’un vaisseau mère arrimé à une tour en perte de contrôle, invasion à laquelle je ne sais donc pas comment elle m’aurait affectée, et avant cela, comment je l’aurais vécue. Ce n’est pourtant pas la première image que je fais passer par les lames avisées du cloneur-sécateur… Toutefois, je me suis toujours dit que, sur ces pages, ne devraient être présentées que des images « réelles », à défaut, parfois, d’être réalistes. Pas de trucage, pas de manipulation, rien. Une photo, un point c’est tout. Il est des règles que l’on se donne comme ça, un peu à la va-vite, en début de mission, et que l’on finit par traîner comme des boulets au bout de quelques mois… Cela s’appelle tout simplement de l’autocensure. Et l’autocensure, dans quel que domaine que ce soit, est une vraie plaie. Ce qui, en soi, est paradoxal puisque cette plaie-là obstrue tout, une vraie paroi rocheuse qui viendrait s’écraser sur une route étroite, sinueuse et ascendante de montagne. Heureusement, il y a l’escalade.
Le moment où une vague vient s’écraser sur un rocher est peut-être le seul où l’eau de mer coupe le cordon et se désolidarise de la masse infinie que l’ensemble compose. Subitement, le tout se mue en parties, en giclées, en gouttes, qui se dispersent de façon anarchique, comme pour mieux apprécier leur liberté soudaine […]
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Share on FacebookC’est aujourd’hui qu’a lieu le vernissage de mon exposition OUAT… Qu’est-ce que OUAT ? Une plongée photo-textuelle au cœur des trois semaines de résidence de recherche réalisée par la compagnie Le Bouc sur le Toit autour de leur pièce Henry V, on pourrait commencer comme ça, laquelle est librement inspirée de Henry V de Shakespeare. […]
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