
Se lover dans un fauteuil rouge de salle obscure peut, dans le meilleur des cas, conduire à ressentir un flot d’émotions. Des émotions de base, joie, peur, tristesse, surprise, colère… Et des émotions dites secondaires, car elles en sont des combinaisons : amour, haine, nostalgie, confiance, gratitude, embarras, envie, mélancolie… On y pleure, on y rit, on y pleure de rire, on s’y tortille, on s’y cache les yeux, on y respire, on s’y énerve, on s’y détend, on s’y ennuie, on y mange, on s’y embrasse, on y dort… En somme, on y vit ! If these walls could talk, ils auraient beaucoup à raconter !
On vit des émotions vraies et sincères face à des vies imaginées et montées à cet effet, avec lesquelles, malgré tout, on garde une certaine distance, celle occupée par l’espace entre la fiction et la réalité. Il arrive pourtant, exceptionnellement, que chez certains spectateurs, cette distance semble infinitésimale voire inexistante. Samedi par exemple, la jeune femme d’à-côté était corps et âme de l’autre côté de l’écran, lâchant des « non, non, non… » à l’approche d’un danger comme le clament les enfants au spectacle de Guignol… Imaginez sa réaction quand le personnage principal s’est violemment fait renverser par une voiture ! Un grand cri strident que les 6 autres personnes de la salle n’ont pu qu’entendre. Puis, elle a fondu en larmes ! Excessif mais sincère. Evidemment, le spectateur de cette scène-là ne peut être que décontenancé. Il peut même sourire (j’avoue, j’ai souri)… C’est la première fois que je voyais une personne de cet âge vivre autant une fiction ! Quelle fatigue émotionnelle ce doit être à chaque fin de séance ! Et quelle est la couleur d’une vie sans filtre ?

Direction San Francisco, où, un peu comme à New York, chaque coin de rue, chaque relief, chaque pont semble nous rappeler quelque chose, tant ils ont été montrés dans les films et autres représentations artistiques… Ce sont évidemment de faux souvenirs, mais quand même, ils sont là… A San Francisco, il y a évidemment le Golden Gate Bridge, que l’on peut difficilement rater. Et puis, pour certains (dont moi), il y avait ce parc, un peu perché dans la ville, qui figurait dans le générique de la série « La fête à la maison », avec cette longue enfilade de maisons victoriennes de toutes les couleurs et son point de vue sur les collines et la mer… Bref, une image d’enfance qui donnait déjà envie d’y aller…
Concrètement, sur place, retrouver, dans un temps limité, un parc avec des maisons victoriennes dans une ville qui compte un certain nombre de parcs et de maisons victoriennes, est un peu une gageure. Sa position haute permet de faire un premier tri… Un parc, deux parcs, trois parcs passés. Et puis, Alamo Park se présente. Sur les plans, sur les cartes postales, il est accompagné d’un petit dessin avec quelques maisons victoriennes… Serait-ce celui de mes souvenirs ? La hauteur, la vue sur la ville, la pelouse sont là… Et les maisons victoriennes aussi. Bien moins colorées que dans mon souvenir et surtout, beaucoup moins nombreuses ! Dans ce même souvenir, le parc en était entouré… Dans la réalité, elles ne sont que sept et sont préservées comme l’un des joyaux de la cité. Il a fallu de longues minutes pour être convaincue d’être au bon endroit puis, autant, pour remplacer le souvenir par l’image réelle.
Mais, nos souvenirs valent bien quelques détours par la réalité…

Volcan, peau de reptile, intérieur de corps humain, coquillage, grotte, grillage, fond marin ? Les propositions ont fusé quand ces images, et d’autres du même acabit, sont venues se coller sur les murs libres du Lien.
Le Lien ? Un petit café bistro resto qui passerait presque inaperçu au 237 rue de Bercy, dans le 12ème, côté arsenal. Pas très loin de la Gare de Lyon non plus. Quelques tables, un long bar, du jazz parfois d’ailleurs, et un duc aux cuisines : André Bourrouilhou. Il paraît que, maintenant que vous l’avez lu, vous devez fermer les yeux et essayer de l’épeler…
Bref, depuis quelques mois, le Chef, carrure de rugbyman, tout en noir, fait des miracles dans sa cuisine cagibi de 3 m². Tout est à portée de main de ce modeste à l’accent chantant ! Et tous les jours sort, de cet antre, une nouvelle carte. Certes courte – 2 entrées, 2 plats, 2 desserts et quelques incontournables – mais titillant les papilles et réchauffant le regard à chaque fois… Un doux mélange de connu et d’inconnu pour des assiettes à petits prix (10 euros le plat), ce qui, sur Paris, relève presque d’un autre miracle… Ceux qui y vont pour la première fois en ressortent toujours agréablement surpris et charmés ! Bah, vous êtes encore là ?

… du Bar de la Mer… Le chemin est déjà tout tracé. Deux solutions, cette case a été posée sur le sable après le passage du tracteur, ou alors, le tracteur a fait un saut de puce des sables en arrivant devant pour poursuivre son œuvre juste de l’autre côté. Je penche pour la seconde option…

… la photogénie naturelle des musées. Toujours le même, qui, après avoir honoré l’horizontalité, passe au vertical lumineux…
Les expositions temporaires du Musée d’art moderne de la ville de Paris, dont les collections permanentes sont en accès libre (ne pas hésiter à leur rendre visite…), m’a parfois (souvent ?), plongée dans une certaine perplexité, voire, comme dirait Dupont ou Dupond, dans une perplexité certaine… Il doit me manquer certains codes pour bien saisir toute la puissance de certaines des œuvres dépouillées présentées aux yeux de tous avec beaucoup déférence.
Dans ces cas-là, le plus énigmatique se trouve parfois dans le petit texte accolé à l’œuvre… J’en avais noté un à l’occasion de l’exposition de celles de Carsten Höller et Rosemaire Trockel (ce qui remonte à quelques années déjà). Juste une phrase : « Certaines pièces apparaissent comme la nouvelle formulation d’un dispositif montré précédemment dans un contexte différent, répondant ainsi à la nécessité interne du développement d’une réflexion. » Quelle structure alambiquée pour se défendre du fait que ce travail a déjà été exposé, et peut-être sous une forme moins aboutie ! Voilà, je me souviens avoir été agacée par ce pseudo snobisme contemporain. C’est toujours le cas ! Un de mes anciens professeurs d’université, un homme qui avait officiellement la tête dans les étoiles et qui du coup était souvent en retard, avait l’habitude de railler ceux qui utilisaient des mots compliqués pour dire des choses simples et se donner des airs plus intelligents… Il n’y a pourtant rien de déshonorant à être compris !

Le Musée d’Art Moderne de Paris accueille, jusqu’au 2 mai, une exposition de photographies de Jan Dibbets. Et plus précisément, sa série Horizons. Une variation, assurément mathématique même si c’est transparent, sur la ligne, sur le dépouillement, et, d’une certaine manière, sur l’invention d’un autre monde. On peut lire, dans le petit fascicule livré à l’entrée des salles : « Intimement lié à l’histoire de l’art néerlandais, le motif de l’horizon a activement participé à son développement « abstrait ». Aussi, l’abstraction telle que la conçoit Dibbets doit-elle être envisagée dans la continuité de Mondrian, mais aussi des peintres du XVIIe siècle, selon des procédures qui visent à accentuer un processus de « représentation ». Elle ne témoigne de facto jamais d’un renoncement au monde et privilégie, au contraire, une approche transformatrice et recréatrice de la réalité. »
Evidemment, dans le cadre de cette démarche, l’artiste du pays plat et aux moulins à vent, n’aurait jamais posté son appareil face à cette éolienne, qui vient casser l’horizontalité parfaite de ses images. Mais la roue tourne et le clin d’oeil était trop tentant.
Tout comme l’envie de faire se rencontrer virtuellement les eaux de Santa Cruz et celles de Carmel, CA… Le pacifique océan semble animé par la même énergie à plusieurs mois et quelques dizaines de miles d’intervalle.

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