{"id":7048,"date":"2011-09-20T14:31:36","date_gmt":"2011-09-20T21:31:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.loucamino.com\/?p=7048"},"modified":"2011-09-20T14:39:29","modified_gmt":"2011-09-20T21:39:29","slug":"etats-dame-sur-le-macadam-1-_-transposition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.loucamino.com\/?p=7048","title":{"rendered":"Etats d&rsquo;\u00e2me sur le macadam # 1 _ La transposition"},"content":{"rendered":"<ul class=\"wpsocialite social-buttons large\"><\/ul><p><a href=\"http:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/P1230025-1_72.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-7049\" title=\"P1230025-1_72\" src=\"http:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/P1230025-1_72.jpg\" alt=\"\" width=\"550\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/P1230025-1_72.jpg 550w, https:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2011\/09\/P1230025-1_72-300x199.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se replonger dans les textes que l&rsquo;on  s&rsquo;est laiss\u00e9 aller \u00e0 \u00e9crire  des ann\u00e9es auparavant peut faire na\u00eetre de  dr\u00f4les de sensations. La  premi\u00e8re, un sentiment d&rsquo;effroi \u00e0 la relecture,  quand on r\u00e9alise \u00e0 quel  point le style est gauche, le propos, vide,  l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, nul ou presque  (oui, oui, j&rsquo;exag\u00e8re). La deuxi\u00e8me, de l\u00e9g\u00e8re  nostalgie : les souvenirs  remontent \u00e0 la surface en red\u00e9couvrant ce  qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 au moment o\u00f9  ils n&rsquo;en \u00e9taient pas encore, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 ils n&rsquo;\u00e9taient que le reflet du  temps pr\u00e9sent. La  troisi\u00e8me, de surprise : rien n&rsquo;a chang\u00e9, on  pourrait r\u00e9-\u00e9crire ces  lignes lues au mot pr\u00e8s voire \u00e0 peu de choses  pr\u00e8s. Selon leur teneur, cette conclusion peut \u00eatre d\u00e9sarmante,  d\u00e9sesp\u00e9rante mais aussi, amusante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Etats  d&rsquo;\u00e2me sur le macadam\u00a0\u00bb est un ensemble de textes  griffonn\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;aube du  XXIe si\u00e8cle, sur  des carnets au cours d&rsquo;innombrables trajets de m\u00e9tro ou de train dans  une configuration similaire \u00e0  celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. En  voici la  premi\u00e8re page. Il \u00e9tait probablement un peu plus tard dans la saison.  L&rsquo;\u00e9cho est r\u00e9v\u00e9lateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et  me revoil\u00e0  dans cet univers impitoyable qu\u2019est la capitale.  Impitoyable, vraiment ?  Quatorze mois d\u2019absence et aucune  d\u00e9stabilisation. La voiture a \u00e9t\u00e9 conduite\u00a0 avec l\u2019aisance habituelle \u00e0  la Gare de Lyon et s\u2019est tr\u00e8s bien  accommod\u00e9e des embouteillages, des  non-respects de priorit\u00e9, des  clignotants oubli\u00e9s, des feux rouges  grill\u00e9s\u2026 Aucune panique ressentie\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait   presque comme s\u2019il n\u2019y avait pas eu de d\u00e9part. Etonnant\u2026 Idem pour le   train. Quatorze mois, est-ce encore trop peu pour se sentir d\u00e9connect\u00e9   d\u2019un monde ? <em>\u00ab\u00a0On n\u2019oublie pas vingt trois ans de vie citadine en une ann\u00e9e pass\u00e9e sur une \u00eele d\u00e9serte\u00a0\u00bb<\/em> m&rsquo;a-t-on plusieurs fois rappel\u00e9, comme pour me rassurer. Effectivement.   Tout est l\u00e0, au frais, dans ma m\u00e9moire. Les automatismes, les r\u00e9flexes   d\u2019autrefois ont refait surface. En fait, rien n\u2019a chang\u00e9 et ce n\u2019est   m\u00eame pas d\u00e9cevant. Il s\u2019est \u00e9coul\u00e9 plus d\u2019un an. Temps pendant lequel   chacun a poursuivi sa route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui,   les chemins se croisent \u00e0 nouveau. Tout va peut-\u00eatre m\u00eame reprendre   comme auparavant. Malgr\u00e9 tout, j\u2019ai l\u2019impression de vivre Paris   diff\u00e9remment. L\u2019asservissement du train et autre transport en commun qui   m\u2019horripilait, m\u2019amuse aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je   suis actuellement dans une petite chenille grise, en direction de la   Gare Saint-Lazare. Jubilation int\u00e9rieure. Des dizaines de personnes   m\u2019entourent et racontent leur vie\u2026 Cet anonymat m\u2019a manqu\u00e9. Combien de   fois ai-je r\u00eav\u00e9 de rencontrer un(e) inconnu(e) sur mon \u00eele d\u00e9serte ? Ile   o\u00f9, naturellement, chaque membre de la maigre population conna\u00eet   l\u2019autre. L\u00e0, le train, l\u2019inconnu. J\u2019entends des bribes de vie, un l\u00e9ger   murmure provenant de plus loin. Je vois des mains s\u2019agiter. Tout est   pareil\u2026 Le m\u00eame spectacle s\u2019offre \u00e0 mon regard depuis des ann\u00e9es. Je ne   veux plus d\u00e9crire ce monde des transports en commun, o\u00f9 chacun entre et   sort \u00e0 un moment. Pourquoi ? Car tout est cyclique. Tout est diff\u00e9rent   chaque jour, mais, dans le fond, c\u2019est strictement le m\u00eame sc\u00e9nario.   J\u2019esp\u00e8re quelque chose de neuf. Un fait divers\u2026 Une aventure   distrayante\u2026 Un sourire. Je peux rire, seule, en r\u00e9ponse \u00e0 mes propres   pens\u00e9es ou blagues. C\u2019est r\u00e9confortant, et \u00e0 la fois, un peu triste.   Tout stimule le regard dans cette ville, mais rien ne l\u2019arr\u00eate vraiment.   Nous ne faisons que passer, et ce qui se passe &#8211; en surface &#8211; ne   satisfait pas les attentes. Les pav\u00e9s demeurent froids, le bitume noir,   les bruits de marteau, de camion, de bus r\u00e9sonnent toujours dans   l\u2019atmosph\u00e8re s\u00e8che, des chiens aboient toujours et d\u00e9f\u00e8quent autant sur   les trottoirs, le monde enfile toujours son manteau gris ; on se   bouscule toujours devant les Galeries Lafayette, le Sri Lankais du coin   vend toujours ses marrons cuits sur un f\u00fbt perc\u00e9 retourn\u00e9, les pigeons   sont toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt de cro\u00fbtons de pain apport\u00e9s chaque semaine par   la m\u00eame mamie, les t\u00e9l\u00e9phones cellulaires sonnent toujours au mauvais   moment\u2026 et la Terre poursuit sa r\u00e9volution sans ciller. Un petit vent   frais balaye les id\u00e9es en suspens ou les h\u00e9sitations. Seul le bleu du   ciel donne un peu de couleur \u00e0 cette grisaille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paradoxalement,   j\u2019ai la sensation qu\u2019il me serait impossible de m\u2019\u00e9loigner trop   longtemps de cette vie grouillante. Et, en m\u00eame temps, que cet exil m\u2019a   permis de mieux appr\u00e9hender et appr\u00e9cier cette soi-disant <em>folie. <\/em>Je ressens mon exp\u00e9rience, je sens qu\u2019elle m\u2019a rendue autre. Je me sens plus riche. L\u00e9g\u00e8re. Je peux me dire : <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai vu et v\u00e9cu autre chose.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les   strapontins se l\u00e8vent avec le m\u00eame claquement. Il y a ceux plong\u00e9s  dans  leur livre ou leur journal, ceux au regard perdu, les passifs  attendant  leur station. Il y a aussi la fan de mots crois\u00e9s, la  r\u00eaveuse, les  bavardes, le pensif, l\u2019enfant babillant ses premiers mots  et la femme  d\u2019un certain \u00e2ge habilement maquill\u00e9e et droite sur son  si\u00e8ge. Mais  pourquoi tout cela aurait-il disparu ? C\u2019est une vie de  masse. La vie  est telle qu\u2019elle \u00e9tait il y a quatorze mois. D\u2019autres  personnes sont  actrices, mais ce sont les m\u00eames rituels, m\u00eame si,  \u00e9videmment, dans le  wagon, il y s\u00fbrement quelques Monsieur X ou Madame Y  dont la vie a  radicalement chang\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Est-ce   rassurant de se retrouver dans un univers familier ? S\u00fbrement un peu.   Pour combien de temps ? Quel d\u00e9lai avant d\u2019\u00eatre de nouveau agac\u00e9e par  ce  rythme d\u00e9cri\u00e9 par tous les provinciaux rencontr\u00e9s ? Mais, j\u2019aime  Paris :  son train, son m\u00e9tro, sa population, ses couples qui \u00ab\u00a0se  b\u00e9cotent sur  les bancs publics\u00a0\u00bb, comme ses habitants qui ne  s\u2019adressent pas un  regard\u2026<\/p>\n<p><!-- \t\t@page { margin: 2cm } \t\tP { margin-bottom: 0.21cm } --><\/p>\n<div id=\"iLikeThis-7048\" class=\"iLikeThis\"><span class=\"counter\"><a onclick=\"likeThis(7048);\" class=\"image\">9<\/a><\/span><\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.facebook.com\/share.php?u=https%3A%2F%2Fwww.loucamino.com%2F%3Fp%3D7048&amp;t=Etats%20d%27%C3%A2me%20sur%20le%20macadam%20%23%201%20_%20La%20transposition\" id=\"facebook_share_both_7048\" style=\"font-size:11px; line-height:13px; font-family:'lucida grande',tahoma,verdana,arial,sans-serif; text-decoration:none; padding:2px 0 0 20px; height:16px; background:url(http:\/\/b.static.ak.fbcdn.net\/images\/share\/facebook_share_icon.gif) no-repeat top left;\">Share on Facebook<\/a><br \/>\n\t<script type=\"text\/javascript\">\n\t<!--\n\tvar button = document.getElementById('facebook_share_link_7048') || document.getElementById('facebook_share_icon_7048') || document.getElementById('facebook_share_both_7048') || document.getElementById('facebook_share_button_7048');\n\tif (button) {\n\t\tbutton.onclick = function(e) {\n\t\t\tvar url = this.href.replace(\/share\\.php\/, 'sharer.php');\n\t\t\twindow.open(url,'sharer','toolbar=0,status=0,width=626,height=436');\n\t\t\treturn false;\n\t\t}\n\t\n\t\tif (button.id === 'facebook_share_button_7048') {\n\t\t\tbutton.onmouseover = function(){\n\t\t\t\tthis.style.color='#fff';\n\t\t\t\tthis.style.borderColor = '#295582';\n\t\t\t\tthis.style.backgroundColor = '#3b5998';\n\t\t\t}\n\t\t\tbutton.onmouseout = function(){\n\t\t\t\tthis.style.color = '#3b5998';\n\t\t\t\tthis.style.borderColor = '#d8dfea';\n\t\t\t\tthis.style.backgroundColor = '#fff';\n\t\t\t}\n\t\t}\n\t}\n\t-->\n\t<\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Se replonger dans les textes que l&rsquo;on s&rsquo;est laiss\u00e9 aller \u00e0 \u00e9crire des ann\u00e9es auparavant peut faire na\u00eetre de dr\u00f4les de sensations. 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