{"id":21998,"date":"2020-04-23T15:21:55","date_gmt":"2020-04-23T02:21:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.loucamino.com\/?p=21998"},"modified":"2020-04-25T06:11:13","modified_gmt":"2020-04-24T17:11:13","slug":"carnet-de-confinement-jours-2627-traverser-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.loucamino.com\/?p=21998","title":{"rendered":"Carnet de confinement \/ Jours 26&#038;27&#038;28 &#8211; Traverser le monde"},"content":{"rendered":"<ul class=\"wpsocialite social-buttons large\"><\/ul><p><a href=\"http:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/JC2627_DSC9438-72-site.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-21999 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/JC2627_DSC9438-72-site.jpg\" alt=\"JC2627_DSC9438-72-site\" width=\"550\" height=\"824\" srcset=\"http:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/JC2627_DSC9438-72-site.jpg 550w, http:\/\/www.loucamino.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/JC2627_DSC9438-72-site-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mardi matin, \u00e0 8h40, en quittant le 55b Scarborough Terrace, Mount Victoria, j\u2019ai la d\u00e9sagr\u00e9able sensation d\u2019\u00eatre litt\u00e9ralement arrach\u00e9e \u00e0 la Nouvelle Z\u00e9lande. Dans le fond, c\u2019est assez irrationnel, car je ne suis dans le pays que depuis le 10 janvier 2020 &#8211; mais l\u2019attachement \u00e0 un lieu, \u00e0 une personne est-il r\u00e9ellement proportionnel au temps pass\u00e9 \u00e0 cet endroit ou avec elle ? &#8211; et j\u2019attribue cette perception \u00e0 la rapidit\u00e9 avec laquelle tout s\u2019est encha\u00een\u00e9 depuis vendredi dernier, jour o\u00f9 nous avons signifi\u00e9 \u00e0 l\u2019Ambassade notre int\u00e9r\u00eat pour le dernier vol de rapatriement et o\u00f9 nous avons appris, quelques heures apr\u00e8s, que nous en serions. Dire que nous esp\u00e9rions presque une r\u00e9ponse n\u00e9gative ne serait pas enti\u00e8rement loin de la v\u00e9rit\u00e9\u2026 Ce matin, jeudi 23 avril, alors que je peaufine, depuis mon bureau, chez moi, ce texte maladroitement griffonn\u00e9 dans l\u2019avion, je peux n\u00e9anmoins affirmer que c\u2019\u00e9tait mieux ainsi. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, minute papillon. Retournons \u00e0 Wellington encore quelques instants\u2026 Le taxi collectif arrive avec les 5 minutes d\u2019avance potentielles annonc\u00e9es lors de la r\u00e9servation en ligne. Nous avons beau avoir mis le r\u00e9veil t\u00f4t pour avoir le temps de tout finaliser sans nous presser, les derni\u00e8res minutes ressemblent toujours \u00e0 un champ de bataille ! Tout se passe donc tr\u00e8s vite, nous chargeons nous-m\u00eames nos sacs dans la remorque avec 5 minutes d\u2019avance, nous nous engouffrons dans le minibus vide, nous partons. En deux secondes, la maison a disparu. Les ruptures les plus franches sont-elles moins douloureuses\u00a0? Alors que je suis dans le dernier round de ce vol quasi interminable qui nous ram\u00e8ne \u00e0 la maison, je revois l\u2019olivier, au fond, au coin de la cour, celui-l\u00e0 m\u00eame dont les branches, agit\u00e9es par un vent fort, nous avait r\u00e9veill\u00e9es en pleine nuit il y a quelques jours. Quelle dr\u00f4le de place tout de m\u00eame pour un olivier ! En m\u00eame temps, quel bonheur de l\u2019avoir eu \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s ces quelques semaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous filons directement \u00e0 l\u2019a\u00e9roport sans r\u00e9cup\u00e9rer qui que ce soit d\u2019autre en chemin. Simplement parce qu\u2019il n\u2019y a plus de vol au d\u00e9part de Wellington ou si peu. Le trajet dure moins de 15 minutes, 15 minutes aussi douloureuses qu\u2019emplies de gratitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette ville que nous avons tant aim\u00e9e et qui nous a tant donn\u00e9 en un petit mois, m\u00eame en y \u00e9tant confin\u00e9es. En particulier, une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et un sentiment de s\u00e9curit\u00e9 extr\u00eamement pr\u00e9cieux dans le contexte chaotique dans lequel est actuellement plong\u00e9 le monde. Forc\u00e9ment, cette situation exceptionnelle exacerbe les impressions. Le chauffeur nous d\u00e9pose devant la porte des D\u00e9parts. Le parking est compl\u00e8tement vide. Il n\u2019y a personne. Quatre, cinq personnes, tout au plus, qui prennent certainement le m\u00eame vol int\u00e9rieur que nous. \u00ab\u00a0Bon retour\u00a0\u00bb nous lance-t-il, avant de dispara\u00eetre. Pour entrer dans l\u2019a\u00e9roport, il nous faut montrer patte blanche aux deux dames masqu\u00e9es-gant\u00e9es post\u00e9es juste derri\u00e8re les portes et prouver qu\u2019un vol international nous attend quelque part. \u00ab\u00a0You are with the Embassy?\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Yes!\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0You can go.\u00a0\u00bb C\u2019est \u00e9trange, un a\u00e9roport vide. Cela n\u2019a pas de sens. Nous r\u00e9cup\u00e9rons notre carte d\u2019embarquement, d\u00e9posons nos sacs et allons patienter dans le hall, sous ,la protection de deux immenses aigles tout droits sortis des studios WETA et de la mythologie du Seigneur des Anneaux (que nous n\u2019aurons finalement pas regard\u00e9e). Nous sommes 26 dans ce Bombardier Q300 \u00e0 h\u00e9lices pouvant en accueillir le double. Pour respecter la distance de s\u00e9curit\u00e9 interpersonnelle de 2 m impos\u00e9e par le gouvernement, seuls les si\u00e8ges c\u00f4t\u00e9 hublot sont occup\u00e9s. Autant dire que les places \u00e9taient ch\u00e8res et que nous avons \u00e9t\u00e9 bien inspir\u00e9es de prendre nos billets avant d\u2019avoir la r\u00e9ponse de l\u2019Ambassade. D\u2019ailleurs, entre le matin et le soir, leur prix avait doubl\u00e9\u2026 L\u2019a\u00e9roport de Wellington se trouve dans un quartier p\u00e9riph\u00e9rique de la ville. Il fait beau quand nous quittons la terre ferme. La baie et ses collines habit\u00e9es s\u2019offrent \u00e0 notre regard une derni\u00e8re fois alors que le pilote fait une boucle au dessus de la ville pour s\u2019orienter dans la bonne direction. Quelques minutes seulement apr\u00e8s le d\u00e9collage, nous longeons d\u00e9j\u00e0 la c\u00f4te Est de l\u2019\u00cele du Sud. Au loin, \u00e0 l\u2019horizon en regardant vers l\u2019Ouest, les Alpes, qui traversent toute l\u2019\u00eele dans le sens de la longueur, sont recouvertes d\u2019un manteau neigeux. Quelle splendeur\u00a0! D\u2019en haut, je refais une partie de la route parcourue en f\u00e9vrier en voiture. L\u00e0, la p\u00e9ninsule de Kaikoura, ici, l\u2019embouchure du fleuve Hurunui, l\u00e0, la p\u00e9ninsule de Banks o\u00f9 est tapie Akaroa, le pier de New Brighton et les rues en quadrillage de Christchurch, la ville plate\u2026 Je me souviens qu\u2019\u00e0 l\u2019aller, en janvier, je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 aussi impressionn\u00e9e par ce relief de la c\u00f4te Est ; je l\u2019avais trouv\u00e9 bien plus sec et aride que je ne le pr\u00e9sumais. C\u2019est \u00e9trange comme les perceptions changent selon le point de vue et l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9cup\u00e9ration des bagages, l\u2019a\u00e9roport de Christchurch est vide.\u00a0Nous sommes invit\u00e9s \u00e0 en sortir le temps d\u2019\u00eatre autoris\u00e9s \u00e0 y re-rentrer \u00e0 13h. Il est 11h30. Il y a d\u00e9j\u00e0 des grappes de Fran\u00e7ais dehors. Certains se connaissent. D\u2019autres arrivent en taxi, en voiture, en van. Par chance, le soleil est au rendez-vous. Et finalement, nous nous mettons en rang d\u00e8s 12h. Certains ont des masques, d\u2019autres pas. Les 2m de s\u00e9curit\u00e9 ne sont globalement pas respect\u00e9s. A nouveau, pour pouvoir entrer dans l\u2019a\u00e9roport, nous devons pr\u00e9senter la lettre \u2013 non nominative \u2013 de l\u2019Ambassade disant, \u00e0 qui de droit, que nous sommes inscrites sur le vol de 5 pm pour Paris le 21 avril, puis nos passeports \u2013 \u00ab\u00a0oh, you\u2019ve got long hair now!\u00a0\u00bb \u2013, puis une autre attestation prouvant que nous sommes bien celles \u00e0 qui sont destin\u00e9es les deux places. \u00ab\u00a0You can go.\u00a0\u00bb Hormis un vol int\u00e9rieur vers Auckland dans l\u2019apr\u00e8s-midi et un autre vers Chatham Island, l\u2019a\u00e9roport ne semble \u00eatre ouvert que pour nous. Heureusement car nous prenons beaucoup de place ! L\u2019atmosph\u00e8re est un peu particuli\u00e8re. Tr\u00e8s calme cependant. Nous nous glissons dans la longue queue d\u00e9j\u00e0 form\u00e9e des candidats au voyage. Trois personnes de l\u2019Ambassade \u2013 reconnaissable gr\u00e2ce \u00e0 leur gilet jaune fluo au dos duquel est agraf\u00e9e une feuille sigl\u00e9e de l\u2019Ambassade de France \u2013 passent dans les rangs pour distribuer divers documents \u00e0 compl\u00e9ter avant de partir, puis v\u00e9rifier qu\u2019ils sont bien remplis, en particulier, que les adresses que nous donnons sont bien celles inscrites sur nos passeports. Nous ne savons pas si cela signifie, par exemple, qu\u2019il est impossible d\u2019aller confiner ailleurs que chez soi\u2026 Mais il semblerait que ce soit plus notre adresse fiscale qui les int\u00e9resse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au bout de ce premier circuit, nous nous arr\u00eatons devant deux personnes assises derri\u00e8re une table \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle tr\u00f4ne un drapeau fran\u00e7ais. Distance de s\u00e9curit\u00e9 oblige, nous tendons nos passeports au monsieur tandis que la dame raye nos noms sur la liste des passagers. Il y a a priori des personnes sur liste d\u2019attente, attendant probablement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019a\u00e9roport en esp\u00e9rant des d\u00e9sistements de derni\u00e8re minute. Quel stress ce doit \u00eatre\u00a0! Puis nous donnons notre d\u00e9claration sur l\u2019honneur attestant que nous paierons les 850 \u20ac du vol au Tr\u00e9sor Public avant le 1<sup>er<\/sup> juillet, sachant que le vol, affr\u00e9t\u00e9 par Qatar Airways, est aussi subventionn\u00e9 par l\u2019\u00e9tat fran\u00e7ais \u2013 \u00e0 quelle hauteur, nous ne le savons pas. Derni\u00e8re \u00e9tape avant de pouvoir nous d\u00e9lester de nos bagages : quatre femmes travaillant \u00e0 l\u2019a\u00e9roport distribuent les pr\u00e9cieux s\u00e9sames, \u00e0 savoir nos cartes d\u2019embarquement. Nous en avons trois chacune, une pour le vol Christchurch \u2013 Perth, une pour le Perth \u2013 Doha et enfin une pour le Doha \u2013 Paris. Trois cartes mais nous allons bien rester dans le m\u00eame avion, les deux arr\u00eats pr\u00e9vus \u00e9tant des escales techniques \u2013 ravitaillement en k\u00e9ros\u00e8ne et en repas \u2013 et de changement d\u2019\u00e9quipage.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 ce moment que nous d\u00e9couvrons que les placements ont \u00e9t\u00e9 faits par ordre alphab\u00e9tique et non par groupe de personnes voyageant ensemble, alors m\u00eame que c\u2019est une information dont disposait l\u2019Ambassade. L\u2019une est en t\u00eate de l\u2019avion quand l\u2019autre est en queue\u2026 Mais, il est hors de question de faire ce vol de 28h chacune de son c\u00f4t\u00e9. Tout le monde est dans le m\u00eame cas, m\u00eames les familles avec enfants, plac\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un des deux parents quand ils ne sont pas mari\u00e9s. C\u2019\u00e9tait s\u00fbrement plus pratique \u00e0 organiser ainsi mais cela g\u00e9n\u00e8re un petit pincement \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 tout est d\u00e9j\u00e0 un peu nou\u00e9 et promet un beau jeu de chaises musicales \u00e0 l\u2019embarquement\u2026 Plus l\u00e9g\u00e8res de 12 et 13 kg, nous passons la s\u00e9curit\u00e9 puis l\u2019immigration. Il n\u2019y aura finalement aucune trace de notre s\u00e9jour en Nouvelle Z\u00e9lande sur notre passeport\u2026 A l\u2019aller, nous les avions juste scann\u00e9s et \u00e0 la sortie, si c\u2019est bien une personne en chair et en os qui assure les v\u00e9rifications, elle se contente de le scanner \u00e0 nouveau. Quelle tristesse\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maintenant, il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 attendre. Nous nous \u00e9talons sur les divers halls d\u2019embarquement de l\u2019a\u00e9roport. Ce qui, pour le Boeing 777 que nous allons investir, repr\u00e9sente tout de m\u00eame quasi 500 personnes. Il n\u2019y aura donc pas de distanciation sociale dans cet avion l\u00e0. Les partants ? A premi\u00e8re vue, en grande majorit\u00e9, de jeunes pvtistes, les a\u00een\u00e9s ayant sans doute \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 rapatri\u00e9s. Coralie en rep\u00e8re un arborant un T-Shirt estampill\u00e9 \u00ab\u00a0In tartiflette we trust\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0En voil\u00e0 un qui annonce la couleur !\u00a0\u00bb Il est 16h30 pass\u00e9s quand d\u00e9bute l\u2019embarquement zone par zone. Le fond de l\u2019avion en premier. Coralie s\u2019ins\u00e8re dans la queue d\u00e9j\u00e0 form\u00e9e. Sa mission, n\u00e9gocier avec son \/ sa voisin\/e un changement de place pour que nous puissions voyager ensemble. Elle se tourne vers le gars \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, jette un \u0153il \u00e0 sa place\u00a0! Bingo, c\u2019est son voisin th\u00e9orique\u00a0! Quelle dr\u00f4le de co\u00efncidence\u00a0! Et qui plus est, c\u2019est monsieur Tartiflette\u00a0! What a flair\u00a0! Il accepte volontiers d\u2019autant qu\u2019il voyage seul et se r\u00e9cup\u00e8re une place avec plus d\u2019espace, d\u00e9tail de taille quand on s\u2019appr\u00eater \u00e0 passer 28h dans un espace aussi confin\u00e9 qu\u2019un avion. Tout le monde s\u2019installe, les migrations se multiplient, tr\u00e8s sagement. Il fait presque nuit quand l\u2019avion d\u00e9colle de Christchurch et file vers sa premi\u00e8re destination interm\u00e9diaire, Perth, sur la c\u00f4te Ouest de l\u2019Australie. C\u2019est parti pour retraverser la plan\u00e8te dans l\u2019autre sens ! Alors que la moiti\u00e9 de la plan\u00e8te est confin\u00e9e, que nous convergeons vers un pays &#8211; le n\u00f4tre accessoirement &#8211; o\u00f9 les habitants &#8211; bient\u00f4t nous &#8211; ne sont autoris\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer que dans un rayon d\u2019un kilom\u00e8tre une fois par jour, la perspective d\u2019en parcourir 20 000 d\u2019un coup est vertigineuse ! Dernier goodbye aux sommets enneig\u00e9s des Alpes d\u00e9passant \u00e0 peine de la couche nuageuse arriv\u00e9e avec la nuit tombante. V\u00e9nus est d\u00e9j\u00e0 dans le ciel, telle un phare que nous ne cherchons pas \u00e0 approcher, ou un trait d\u2019union entre ce pays que nous quittons et celui que nous rejoignons. \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e9trange d\u2019\u00eatre rapatri\u00e9 dans un pays qui est moins s\u00fbr que celui que l\u2019on quitte\u00a0\u00bb rel\u00e8ve Coralie. Tr\u00e8s juste\u00a0! C\u2019est en effet l\u2019inverse en g\u00e9n\u00e9ral. Mais nous ne nous attardons pas plus que cela sur cette \u00e9tranget\u00e9. Une de plus dans un oc\u00e9an de bizarreries.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019avion est plein \u00e0 craquer. Une personne sur deux porte un masque, fait \u00e0 la main ou achet\u00e9, parfois un foulard. Ce qui n\u2019emp\u00eache pas de l\u2019enlever, de le glisser sur le menton, de se ronger les ongles, de le trifouiller\u2026 Bref, encore quelques heures pour s&rsquo;y faire et le porter sans saborder ses efforts. Nous avons aussi des masques mais n\u2019avons pr\u00e9vu de les mettre qu\u2019en sortant de l\u2019avion, arriv\u00e9es \u00e0 Paris. Notre raisonnement \u00e9tant que le virus ne circulant pas en Nouvelle Z\u00e9lande et que toute personne avec des sympt\u00f4mes du virus \u00e9tant interdite de vol, il y a peu de chance que quelqu\u2019un soit contamin\u00e9 ci. Peu ne voulant pas dire pas, nous nous lavons et nous d\u00e9sinfectons les mains plus que de raison.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous arrivons \u00e0 Perth en pleine nuit. Ravitaillement, changement d\u2019\u00e9quipage. Comme pr\u00e9vu, nous ne sommes pas autoris\u00e9s \u00e0 sortir. A peine pouvons-nous nous d\u00e9gourdir les jambes. C\u2019est amusant car les messages d\u00e9livr\u00e9s \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e en Australie ne sont pas adapt\u00e9s au caract\u00e8re exceptionnel de ce vol alors m\u00eame qu\u2019une vraie personne les transmet et sait pertinemment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un vol de rapatriement. Temp\u00e9rature ext\u00e9rieure, m\u00e9t\u00e9o du jour alors que cela n\u2019a strictement aucune importance. M\u00eame chose \u00e0 Doha avec un \u00e9tonnant \u00ab\u00a0Have a nice stay in Doha\u00a0!\u00a0\u00bb. Le s\u00e9jour le plus rapide de l\u2019histoire du tourisme\u00a0! Depuis notre d\u00e9part de Christchurch, en plus de remonter en latitude, nous remontons \u00e9galement le temps. Notre nuit semble \u00e9ternelle, elle s\u2019\u00e9coule depuis 20h quand le jour finit par se lever \u00e0 Doha, \u00e0 4h du matin. La cit\u00e9 restera cependant dans la brume de chaleur matinale. Seule chose que nous voyons, comme \u00e0 Christchurch, comme \u00e0 Perth, les rang\u00e9es d\u2019avions des compagnies nationales align\u00e9s sur le tarmac et priv\u00e9s de vol jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre. C\u2019est \u00e9trange, ce monde arr\u00eat\u00e9 net. Derni\u00e8re \u00ab\u00a0ligne droite\u00a0\u00bb, plus que 6h45 de vol, apr\u00e8s celui de 6h ou un peu plus, et l\u2019autre de 11, ou un peu plus. Dire que c\u2019est un long voyage est un euph\u00e9misme\u2026 Nous \u00e9vitons de penser, je crois. Mais tout se passe bien, la filmoth\u00e8que est bien fournie. Nous encha\u00eenons les films, les repas, les interludes de sommeil, les bouts de discussion\u2026 Beaucoup ont un train \u00e0 prendre dans la journ\u00e9e pour aller en province. Certains seront r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par un parent \u00e0 qui il a fallu envoyer une copie des cartes d\u2019embarquement avant de partir pour justifier le d\u00e9placement\u2026 Le marathon n\u2019est pas encore termin\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le commandant de bord finit par annoncer que nous entamons la descente vers Paris Charles de Gaulle et que nous devrions atterrir dans 20 minutes. Voil\u00e0, c\u2019est bient\u00f4t fini. Nous ne savons pas r\u00e9ellement o\u00f9 nous allons arriver &#8211; pas g\u00e9ographiquement bien s\u00fbr &#8211; mais nous arrivons. Je vois la Tour Eiffel, les tours de La D\u00e9fense, le Palais de justice de Porte de Clichy, la Seine, les grandes avenues de la capitale. D\u2019en haut, tout semble absolument normal. Derni\u00e8res secondes en suspension. Touchdown ! Applaudissements nourris. Un gars se hasarde \u00e0 l\u00e2cher \u00ab\u00a0D\u00e9pression !\u00a0\u00bb, provoquant l\u2019hilarit\u00e9 dans la cabine\u2026 Il fait beau, il fait chaud, c\u2019est toujours bon \u00e0 prendre. Tout le monde rallume son t\u00e9l\u00e9phone pour annoncer \u00e0 la Terre enti\u00e8re, que, \u00e7a y est, nous venons de nous poser. Nous sommes tous attendus. Les r\u00e9ponses affluent rapidement, c\u2019est un moment, somme toute, plut\u00f4t heureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Allez hop, nous enfilons nos masques. En sortant de l\u2019avion, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une vitre, patientent des gens en partance pour le Canada. Ils sont plusieurs \u00e0 porter une sur-tenue de peintre ou de bricolage, et un masque. C\u2019est assez impressionnant. Bienvenue au pays\u2026 Le passage de la douane se fait rapidement. M\u00eame masqu\u00e9s. On nous fournit une attestation de retour \u00e0 domicile \u00e0 remplir et \u00e0 pr\u00e9senter, avec nos cartes d\u2019embarquement, en cas de contr\u00f4le policier. Tout cela est finalement tr\u00e8s administratif, factuel. Plus que les bagages \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer et nous pourrons y aller. Une derni\u00e8re \u00e9tape qui n\u00e9cessite cependant la plus grande attention malgr\u00e9 les 36 heures de voyage que nous venons d\u2019encha\u00eener car 85% des bagages sont des sacs \u00e0 dos, et parmi ceux l\u00e0, plus de la moiti\u00e9 sont des Quetchua, et au sein de cette moiti\u00e9, nous sommes nombreux \u00e0 avoir exactement les m\u00eames dans les m\u00eames couleurs ! Voil\u00e0, nous sommes sorties. Personne pour accueillir qui que ce soit, c\u2019est vide, c\u2019est un peu triste, c\u2019est comme \u00e7a. Pour la premi\u00e8re fois de notre vie de voyageuses, nous optons pour un taxi afin de rentrer plus rapidement chez nous. Sur le trajet, essentiellement de l\u2019autoroute m\u00eame si la fin se fait en ville et nous \u00e9tonne presque car il y a finalement pas mal de personnes dehors, nous \u00e9changeons quelques mots sur la situation, l\u2019impact sur son quotidien de chauffeur &#8211; peu de courses sur Paris, restent les rares vols arrivant, parfois vides, \u00e0 Roissy -, les d\u00e9cisions prises par le gouvernement, la m\u00e9t\u00e9o\u2026, et nous voil\u00e0 au pied de notre immeuble. Soulagement. Quand nous ouvrons la porte de notre appartement, les couleurs et le soleil nous accueillent. Nous sommes chez nous, nous sommes bien, nous sommes l\u00e0 o\u00f9 nous devions \u00eatre. Nous penserons plus tard. Nous sortirons plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A 20h, les fen\u00eatres ouvertes, nous entendons des gens applaudir, d\u2019autres klaxonner en voiture. Il nous faut quelques secondes pour connecter les informations entre elles. Et quelques autres encore pour aller nous joindre au groupe, m\u00eame si, nous n\u2019\u00e9tions pas l\u00e0. C\u2019est \u00e9mouvant. La suite va pouvoir commencer\u2026<\/p>\n<div id=\"iLikeThis-21998\" class=\"iLikeThis\"><span class=\"counter\"><a onclick=\"likeThis(21998);\" class=\"image\">3<\/a><\/span><\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.facebook.com\/share.php?u=http%3A%2F%2Fwww.loucamino.com%2F%3Fp%3D21998&amp;t=Carnet%20de%20confinement%20%2F%20Jours%2026%2627%2628%20-%20Traverser%20le%20monde\" id=\"facebook_share_both_21998\" style=\"font-size:11px; line-height:13px; font-family:'lucida grande',tahoma,verdana,arial,sans-serif; text-decoration:none; padding:2px 0 0 20px; height:16px; background:url(http:\/\/b.static.ak.fbcdn.net\/images\/share\/facebook_share_icon.gif) no-repeat top left;\">Share on Facebook<\/a><br \/>\n\t<script type=\"text\/javascript\">\n\t<!--\n\tvar button = document.getElementById('facebook_share_link_21998') || document.getElementById('facebook_share_icon_21998') || document.getElementById('facebook_share_both_21998') || document.getElementById('facebook_share_button_21998');\n\tif (button) {\n\t\tbutton.onclick = function(e) {\n\t\t\tvar url = this.href.replace(\/share\\.php\/, 'sharer.php');\n\t\t\twindow.open(url,'sharer','toolbar=0,status=0,width=626,height=436');\n\t\t\treturn false;\n\t\t}\n\t\n\t\tif (button.id === 'facebook_share_button_21998') {\n\t\t\tbutton.onmouseover = function(){\n\t\t\t\tthis.style.color='#fff';\n\t\t\t\tthis.style.borderColor = '#295582';\n\t\t\t\tthis.style.backgroundColor = '#3b5998';\n\t\t\t}\n\t\t\tbutton.onmouseout = function(){\n\t\t\t\tthis.style.color = '#3b5998';\n\t\t\t\tthis.style.borderColor = '#d8dfea';\n\t\t\t\tthis.style.backgroundColor = '#fff';\n\t\t\t}\n\t\t}\n\t}\n\t-->\n\t<\/script><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mardi matin, \u00e0 8h40, en quittant le 55b Scarborough Terrace, Mount Victoria, j\u2019ai la d\u00e9sagr\u00e9able sensation d\u2019\u00eatre litt\u00e9ralement arrach\u00e9e \u00e0 la Nouvelle Z\u00e9lande. Dans le fond, c\u2019est assez irrationnel, car je ne suis dans le pays que depuis le 10 janvier 2020 &#8211; mais l\u2019attachement \u00e0 un lieu, \u00e0 une personne est-il r\u00e9ellement proportionnel au [&hellip;]<\/p>\n<a href=\"http:\/\/www.facebook.com\/share.php?u=http%3A%2F%2Fwww.loucamino.com%2F%3Fp%3D21998&amp;t=Carnet%20de%20confinement%20%2F%20Jours%2026%2627%2628%20-%20Traverser%20le%20monde\" id=\"facebook_share_both_21998\" style=\"font-size:11px; line-height:13px; font-family:'lucida grande',tahoma,verdana,arial,sans-serif; text-decoration:none; padding:2px 0 0 20px; height:16px; background:url(http:\/\/b.static.ak.fbcdn.net\/images\/share\/facebook_share_icon.gif) no-repeat top left;\">Share on Facebook<\/a>\r\n\t<script type=\"text\/javascript\">\r\n\t<!--\r\n\tvar button = document.getElementById('facebook_share_link_21998') || document.getElementById('facebook_share_icon_21998') || document.getElementById('facebook_share_both_21998') || document.getElementById('facebook_share_button_21998');\r\n\tif (button) {\r\n\t\tbutton.onclick = function(e) {\r\n\t\t\tvar url = this.href.replace(\/share\\.php\/, 'sharer.php');\r\n\t\t\twindow.open(url,'sharer','toolbar=0,status=0,width=626,height=436');\r\n\t\t\treturn false;\r\n\t\t}\r\n\t\r\n\t\tif (button.id === 'facebook_share_button_21998') {\r\n\t\t\tbutton.onmouseover = function(){\r\n\t\t\t\tthis.style.color='#fff';\r\n\t\t\t\tthis.style.borderColor = '#295582';\r\n\t\t\t\tthis.style.backgroundColor = '#3b5998';\r\n\t\t\t}\r\n\t\t\tbutton.onmouseout = function(){\r\n\t\t\t\tthis.style.color = '#3b5998';\r\n\t\t\t\tthis.style.borderColor = '#d8dfea';\r\n\t\t\t\tthis.style.backgroundColor = '#fff';\r\n\t\t\t}\r\n\t\t}\r\n\t}\r\n\t-->\r\n\t<\/script>\r\n\t","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0},"categories":[1,4139],"tags":[4132,4129,4128,4130,4131,4168,4136],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21998"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21998"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21998\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22006,"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21998\/revisions\/22006"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21998"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21998"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.loucamino.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21998"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}